Dubois, Ambre. Le sang d’Hécate

Une statuette qui ricane au fond d’un vieux musée, un meurtre étrange, un vol… Et voilà la sérénité de la petite communauté des vampires de Londres à nouveau perturbée. Stella Hunyadi est mandatée par le ténébreux Rodrigue, maître de la ville, pour aller enquêter sur cette affaire pour le moins originale.

En plus de cela, il faut gérer l’arrivée d’un envoyé du Prince de Paris dans la ville, invité au caractère particulièrement antipathique, qui débarque à Londres pour s’enquérir des expériences du mystérieux docteur de Mortepierre. Les intrigues vont s’enchaîner et s’entremêler pour nos vampires qui ne seront pas au bout de leurs surprises. Car, au coeur de cet hiver londonien glacial, certains immortels risquent de se retrouver en position de faiblesse…

Suite du Manoir des immortels, premier roman vampirique signé Ambre Dubois, ce second opus de la série voit donc le jour aux Editions du petit caveau. J’avoue ne pas avoir relu le premier tome en prélude à cette nouvelle lecture, et j’avais donc un peu peur d’avoir du mal à resituer les personnages, leurs relations à la fin du premier tome, etc. La bonne surprise a donc été de m’être relativement vite replongé dans l’univers d’Ambre Dubois, sans réel problème.

Ambre Dubois possède un style simple et efficace, le tout saupoudré d’un sens de la mise en scène assez bien pensé, ce qui permet une certaine fluidité au niveau de l’intrigue et de l’action. Les personnages, sont plutôt bien campés, même si certains d’entre eux ont un petit côté poseur, ce que je n’avais pas forcément autant ressenti dans le premier opus. L’histoire prolonge celle du précédent tome, certains des personnages-clés jouant à nouveau ici un rôle central. Malgré un certain plaisir de lecture, l’intrigue est finalement assez vite éventée, car on n’est finalement pas autant surpris que ça de la résolution finale.

L’auteur injecte dans son oeuvre des personnages issus d’univers non-vampirique, notamment le Diogène Club et Mycroft Holmes, qui en est le représentant le plus célèbre. Et un célèbre détective victorien pourrait également faire son apparition au fil des pages.

Vampiriquement parlant, le mythe du vampire abordé dans ce second tome est dans les pas de son prédécesseur. Les vampires vivent en clan, sous l’égide d’un prince. Boire du sang est une nécessité pour survivre, mais donner la mort à leurs victimes n’est pas une obligation pour autant. On notera, comme dans le premier opus, les capacités magiques de certains vampires, capables de lancer des sorts. Ambre Dubois propose enfin quelqu’un clin d’oeils à certains grands textes vampirique, depuis Bram Stoker (l’héroïne sera ainsi amené à croiser l’un des personnages de son Dracula, dans un contexte qui voit les deux récits s’entrecroiser), jusqu’à Barbara Hambly, Asher faisant une apparition dans l’histoire.

Ce second opus de la série vampirique d’Ambre Dubois est à mon sens un peu en-dessous du précédent opus, mais les amateurs sauront apprécier de retrouver les personnages et l’univers de l’auteur. En attendant un troisième opus, que nous ne manquerons sûrement pas de nous procurer.

Une réponse à Dubois, Ambre. Le sang d’Hécate

  1. Asmodée dit :

    J’ai pris un indéniable plaisir à la lecture du Sang d’Hécate. La narration est plus fluide que dans le 1er opus, et le style est vraiment très agréable à lire à tous les niveaux. Il y aurait beaucoup à dire sur l’ambiance Victorienne fouillée, la richesse du vocabulaire et cette esthétique si minutieuse qui se dégage à chaque chapitre. La galerie de personnages est vraiment accrocheuse, sous ambigüe, à l’exception de Corwin qui me laisse un peu indifférent. Le personnage de Stella évolue doucement, tout en gardant cette part de mystère qui compose cette vampire pris dans les intrigues vampiriques.

    Le style d’écriture de l’auteure possède des influences américaines (bit-lit oblige) mais reste néanmoins ancré profondément dans l’héritage de la littérature fantastique européenne. Du coup, ça donne un cachet spécial aux œuvres d’Ambres Dubois, et certains lecteurs peuvent être pris au dépourvus, d’où des avis parfois en demi teinte. Mais il ne faut pas s’y tromper, le plaisir que procure ce deuxième opus est bien réel. De toute façon, ce n’est pas volume par volume qu’on va retenir la série des soupires de Londres, mais de façon globale. Le tome 3 est attendu par les fans et ça, c’est la meilleure preuve, la meilleure raison pour que l’écriture des volumes suivants continue… J’attends donc la suite avec impatience.

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