Banks, Leslie Esdaile. Les Arcanes de la Lune Rouge tome 2. Pur sang

La mission n’est pas terminée pour Sasha Trudeau et Max Hunter. La contagion due au  sang infecté se répand au sein des loups Shadow, et la jeune femme commando découvre bientôt que le danger est bien plus proche qu’elle ne le croit, tandis qu’un congrès des créatures fantastiques approche à grands pas.

Le premier tome de ces Arcanes de la Lune Rouge peut laisser le lecteur lambda frustré, tant le panachage entre action surnaturelle et romance hormonale penchait en la faveur de la seconde option. Dans ce second le tir est légèrement rectifié, puisqu’il n’y est question de musc(les), de galipettes en passant ou de toutous qui se reniflent le derrière que dans la première moitié. Bien obligés, finalement, puisque l’un des deux amants se révèle en quelque sorte impropre à la consommation.

Du coup Sasha se retrouve obligée de se servir d’une arme à feu, une vraie, ou de ses dons de louve nouvellement acquis. Mais comme elle a une cervelle de chihuahua, elle s’en remet essentiellement à ses subordonnés, deux bidasses –donc décérébrés- qui finalement ne se servent pas plus de leurs armes. Car il faut bien le dire, il ne se passe pas grand-chose dans ce tome. Hormis une bataille finale à peine commencée et vite expédiée. L’action, si l’on peut dire, saute sans prévenir (et parfois sans AUCUNE transition) entre plusieurs fils narratifs, devenant vite confuse.

Mais assez vite l’ennemi commun aux Shadow et aux loups-garous se dévoile : les vampires. Leur but ? Provoquer l’éradication de ces deux races en injectant un virus dit du loup-garou qui provoque une rage incontrôlée chez certains individus. Il existe un antidote, que les vampires tentent de récupérer, sans succès. Alors, pour bien endormir les méchants clébards géants enragés, on leur balance un cocktail médicamenteux, sans tenir aucun compte de l’interaction, même lorsqu’on est soi-disant une super-chimiste. Tout cela dans un cadre géographique bien déterminé : la Louisiane et ses bayous, après le passage de l’ouragan Katrina…

Sasha est une tête à claque : ses hormones, les phases de la Lune, la vision de son compagnon en t-shirt, tout est prétexte à éviter de penser. Les loups Shadow sont tellement passionnants que l’on se prend d’affection pour leurs ennemis séculaires, les loups-garous.

Les vampires, par contre, ne sont pas vraiment gâtés. Non pas en voyant leur portrait chargé, mais plutôt dans la pauvreté du traitement qu’on leur réserve. Ce sont des êtres d’apparence aristocratique, habillés élégamment à la Oscar Wilde, qui portent tous ou presque des prénoms français. Ils vivent dans de jolies maisons de type colonial du Quartier français de la Nouvelle-Orléans, où ils donnent des réceptions à n’en plus finir où ils se délectent de sang humain mis en bouteilles.

Ils ont la mainmise sur une partie du crime organisé : des tripots, des bordels… On nous dit peu de choses sur leur allure, mais on sait qu’ils peuvent se transformer en chauves-souris ou en brume quand le besoin s’en fait sentir. Ils ont le pouvoir d’hypnotiser, ou du moins influencer leurs interlocuteurs, et de se matérialiser sans bruit. Ils se consument très vite lorsqu’ils sont abattus par des balles en argent, craignent l’ail et dorment dans des cercueils. Ils se déplacent rarement sans leurs familiers, qui sont des succubes ou des incubes.

De nombreux pouvoirs donc, qui ne leur servent quasiment à rien dans cette histoire ; d’autant plus que celle-ci trouvera son dénouement –provisoire, cependant- lors de la fameuse assemblée des créatures surnaturelles, où se croisent démons, licornes, spectres, yétis entre autres. Un moment où l’émerveillement devrait être de mise, mais où la platitude de l’écriture réduit l’intérêt au soulagement d’approcher la fin des pages.

Après le Mauvais sang du tome 1, ce Pur sang n’en a pas trop le caractère. Bon sang ne saurait mentir.

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