Une jeune fille est retrouvée vidée de son sang dans la forêt de Kleinenberg. Elle porte les stigmates de sa mort : deux trous dans la gorge. Les villageois horrifiés et en colère décident de s’attaquer courageusement à la source du Mal, le Comte Dracula, en brûlant son château. Pendant ce temps, les femmes restent en sécurité dans la petite église du village. Or, lorsque l’équipée vengeresse revient au village, l’horreur est à son comble : toutes les femmes ont été affreusement assassinées…Encore un coup du suceur de ces dames…
Nous voici donc en présence d’un Dracula gore et semi érotique avec pour acteur clé Christopher Lee qui n’en est plus à son coup d’essai en la matière. L’intérêt qu’on peut trouver à ce film de la Hammer (qui a pourtant déjà travaillé et trituré le mythe et le roman en long, en large et en travers) réside dans sa manière de réintroduire un des aspects clés du roman originel de Stoker : le vampire rampe le long des murs du château depuis la pièce inaccessible où se trouve son cercueil.
On retrouve également certaines scènes qui auront vraisemblablement inspiré le Dracula de Coppola comme la vue plongeante depuis la fenêtre du château ou encore le portrait de la belle jeune damoiselle.
Reste le côté un peu grand-guignolesque de l’attaque de la chauve-souris mangeuse de visage ou le marquage au fer du pauvre serviteur…
Cela étant, un bon film à voir pour tous les amateurs du genre et pour le jeu toujours parfait de Mr Lee.




Un sympathique film qui porte bien le sceau de la Hammer, et surtout celui de l’inénarrable Christopher Lee.
Le spectateur se retrouve donc face à un film de vampire plutôt bien foutu, même s’il ne fait pas d’excès de zèle en ce qui concerne l’originalité. Reste la patte reconnaissable entre mille de Hammer Films, les couleurs saturées, les plans larges et le côté délicieusement désuet de l’ensemble, qui donne une grande partie de son intérêt à ce film.
Et comme d’habitude, le film promet au spectateur quelques scènes vraiment superbes : les villageois mettant le feu à la demeure du comte, la vue du gouffre que surplombe le château, la scène de carnage dans l’église. Tout cela, allié à la légèreté érotique des actrices aux décolletés abyssaux et à certaines scènes pour le moins gore, contribue donc à faire de ce film un très bon exemple de la production de Hammer Films, et une nouvelle démonstration du talent incomparable de Christopher Lee, qui sublime comme à son habitude le rôle de Dracula.
J’ai revu le film alors que je suis en train de reprendre dans l’ordre chronologique l’ensemble des longs métrages qui composent le cycle Dracula de la Hammer. Plusieurs choses m’ont frappé à revoir ce sixième opus. Dracula est ici ressuscitée par une femme vampire, et le village de Klausenbourg, le plus proche du château, retombe sous la férule du comte. Jusqu’à ce que les villageois décident de mettre un terme à l’existence du monstre, en purifiant par le feu celui-ci et sa demeure.
Si le générique reprend le désormais bien connu « Basé sur le personnage créé par Bram Stoker », force est de constater que le scénariste – toujours John Elder, en réalité Anthony Hinds – semble avoir eu pour ambition de puiser dans le roman original. Si l’arrivée de Paul et sa relation avec la mystérieuse femme qui vit dans le château rappelle le début du roman avec Jonathan Harker, d’autres scènes sont directemùent extraites du livre, comme le passage où Dracula se déplace sur les murs du château. Sans doute l’une des premières fois où ce moment du récit est exploité à l’écran. Ci-et-là, certains dialogues ramènent eux aussi à ceux de Dracula, comme l’allusion aux loups qu’on entend hurler, où le verre d vin que le vampire propose à son invité. Les cicatrices de Dracula est dans le même temps l’un des films de la saga où Christopher Lee parle le plus.
Reste que cette nouvelle itération peine un peu à convaincre, car beaucoup moins ambitieuse – et chargée de sens – que la précédente.
Premier Dracula de la Hammer que j’ai eu l’occasion de voir, ce film tient une place à part dans mon coeur de cinéphile. Souvent décrié par les amateurs comme étant une simple succession de trucs éculés ainsi qu’une "tentative maladroite et trop tardive pour rendre à Dracula son ambiguité en lui faisant jouer à nouveau, après plusieurs films où il ne poussait que de vagues grognenements, un rôle d’hôte courtois " (citation, de mémoire, du livre de David Pirie: Les vampires au cinéma") le film me semble tout à fait agréable. Les implications érotiques sont particulièrement bienvenues, les scènes sadiques (certes totalement gratuites) dynamisent l’ensemble et, malgré une pauvreté de moyens de plus en plus évidente, les décors sont d’une grande beauté. Christopher Lee, comme à son habitude et même s’il était lassé du rôle est tout simplement impérial ! Et puis, rétrospectivement, le film sonne un peu comme un chant du cygne et se regarde avec un petit pincement au coeur: par la suite, le Dracula de la Hammer quittera à jamais cette Europe Centrale réinventée pour cotoyer des hippies dans le Swinging London ou des vampires chinois amateurs de Kung Fu (Christopher Lee n’interprétant même plus le personnage dans ce dernier cas) et le charme sera rompu. Dans ce film, il est encore intact.