Schumacher, Joel. Génération perdue. 1986

Capable du pire comme du meilleur, Schumacher décide de s’attaquer au mythe du vampire en pleine effervescence eighties. Comme beaucoup de films de l’époque, celui-ci se cantonne au pur divertissement, essayant d’allier l’horreur et la comédie, sans pour autant parvenir à remuer les gens dans ces deux registres.

Lucy, une mère de famille qui élève seule ses deux garçons, Michael et Sam, s’installe chez son père à Santa Carla. On apprend vite que plusieurs personnes disparaissent chaque nuit dans cette ville. Lors d’une virée, Michael rencontre Star, une belle donzelle qui malheureusement obéit (appartient ?) à David, le chef d’un gang de loubards pas commode. David embobine le jeune Michael et lui fait boire une bouteille remplie de son propre sang : les dés sont jetés, le compte à rebours à commencer pour le pauvre Mike ! Sam, le plus jeune, découvre vite que son frère va bientôt devenir un horrible buveur de sang, et met tout en œuvre – à l’aide de deux crétins qui vendent des comics – afin de retrouver le maître vampire, le tuer et sauver Michael…

Si Génération Perdue renferme quelques bonnes idées (l’attaque autour du feu de camp ; l’utilisation de la vue subjective lors de l’envol des vampires ; le combat David/Michael, frères de sang mais néanmoins ennemis ; le renversement final), l’intérêt d’un tel film est plutôt léger. Là où un film comme Vampires, vous avez dit vampires ? réussit brillamment le mélange des genres, l’histoire de Schumacher, elle, ne décolle jamais, et manque cruellement de punch et de bon sens. Exemple : la bande à David, à priori présentée comme un quatuor de redoutables tueurs, se fait séchée en beauté par des gamins de quinze ans sortis tout droit des Goonies ! Et que dire du grand-père qui se débarrasse du maître vampire en explosant le salon avec sa voiture, avant d’aller paisiblement se chercher un rafraîchissement dans le frigo, expliquant qu’ « une des choses qu’il déteste le plus à Santa Carla, c’est les vampires ! ».

Alors oui, on pourrait prendre ce film pour ce qu’il est, c’est-à-dire un film étrange qui au bout de ¾ d’heure sombre dans la série B fun, agrémentée d’une B.O rock FM qui se laisse écouter. Mais on se dit que c’est bien dommage qu’avec un casting pareil (Kiefer Sutherland qui aurait pu être un super bad guy), Génération Perdue se contente seulement d’effleurer le mythe du vampire et de miser sur la forme plutôt que sur le fond.

A conseiller à ceux qui adorent les vampires quand ils portent du cuir, sont coiffés comme des fous et roulent en moto, à défaut de faire vraiment peur aux gens où de les saigner.

Schumacher, Joel. Génération perdue. 1986

Schumacher, Joel. Génération perdue. 1986

Schumacher, Joel. Génération perdue. 1986

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