Hillyer, Lambert. La fille de Dracula. 1936

Alors qu’il vient d’enfoncer un pieu dans le cœur de Dracula, mettant un terme  à l’existence du comte, Van Helsing est arrêté par la police, qui découvre par la même occasion le corps sans vie de Renfield, lequel s’est brisé le cou dans l’escalier. Alors que les deux corps sont sous la garde de la police locale, une étrange femme parvient à hypnotiser l’agent en faction, et à subtiliser le corps du comte. Pendant ce temps, Van Helsing comprend que s’il veut réchapper à la prison, il va devoir faire appel à quelqu’un susceptible de convaincre les jurés du danger dont il a protégé la ville. Il demande donc à un de ses anciens élèves, le psychiatre Jeffrey Garth, d’assurer sa défense.

Scénarisé par John L. Baldertson (à qui on devait déjà l’adaptation théâtrale américaine du roman de Stoker et le scénario du film de Tod Browning), La fille de Dracula est donc la suite directe du célèbre film qui voyait pour la première fois Bela Lugosi porter la cape du comte. Les deux films s’enchaînent, alors même que Van Helsing (renommé ici Von Helsing ?!) vient de tuer Dracula. Pour autant, si le film démarre sur le devenir du corps du fameux vampire, ce dernier laisse ici sa place à sa fille, la mystérieuse comtesse Marya Zaleska. Si celle-ci pense lever la malédiction qui l’atteint elle aussi, c’est pour rapidement se rendre compte que même la destruction du corps de son père risque de ne pas suffire.

Une séquelle dont les qualités sont aussi indéniables que surprenantes. A part Sloane (qui incarne Van Helsing), aucun des acteurs du film d’origine ne revient ici. Pour autant, le nouveau casting n’a pas à rougir, de la comtesse-vampire du rôle titre à ses opposants, à commencer par le psychiatre Jeffrey Garth. Le film explore en effet la thèse psychiatrique, la comtesse espérant un temps tenir dans cette science moderne la solution à ses addictions.

Autre point intéressant du film, celui de voir le thème du vampire renouer avec les amours saphiques d’un Carmilla, la scène entre la comtesse et une de ses victimes, appâtée par le promesse d’un repas pour un soir, étant assez équivoque en ce sens, même si essentiellement suggérée. De même, le film rajoute une petite touche comique (incarnée par les deux policiers de la première scène et par la sidekick du héros, la facétieuse Janet).

Visuellement, le film est plus que réussi. Les effets peuvent sembler avoir vieilli mais l’ambiance est bien présente, d’autant que la partie surnaturelle est réduite à sa plus simple expression. Ce qui n’empêche pas au réalisateur de donner un certain souffle épique à des scènes comme la destruction du corps de Dracula, au réveil de la comtesse ou à l’arrivée de Garth au château. A cet égard, plusieurs scènes semblent faire écho au film d’origine, jusqu’à cette fin qui voit les protagonistes revenir aux sources de toute l’histoire, le fameux château transylvanien.

On sait au final peu de choses sur la filiation entre Dracula et la comtesse, sinon qu’elle affirme être sa fille, ce que confirment les villageois. Âgée d’un siècle, elle est atteinte du même mal que son géniteur, et a besoin de sang pour perpétuer son existence. La journée, elle repose dans un cercueil empli de la terre de ses ancêtres, à l’abri de la lumière du soleil. Elle dispose du pouvoir d’hypnose, qui réside dans l’utilisation de la bague qu’elle porte au doigt. Tout comme son père, elle semble ne pouvoir être tuée que si on lui enfonce un objet pointu en plein cœur.

Une suite très réussie, autant par sa mise en scène que son scénario qui, s’il possède certaines parts d’ombres (notamment sur la naissance de la comtesse), n’en demeure pas moins savoureux, et est pour le moins bien porté par l’interprétation des différents acteurs.

Hillyer, Lambert. La fille de Dracula. 1936 Hillyer, Lambert. La fille de Dracula. 1936 Hillyer, Lambert. La fille de Dracula. 1936

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