Collectif. Dracula : Sovereign of the damned. 1980

Lors d’une messe noire dans une église désacralisée, un culte satanique tente d’invoquer Lucifer. Tandis que le rituel bat son plein, et qu’un tremblement de terre secoue les lieux. Les adorateurs baissent la tête, alors qu’une silhouette humanoïde fait son apparition. Persuadés d’avoir à faire au maître de l’Enfer, le leader de la secte demande à Domini, destinée à devenir l’épouse du Satan, de s’avancer. Les membres du culte ne se sont pas aperçus qu’en lieu et place du démon, c’est Dracula qui s’est présenté à eux. Se transformant en chauve-souris, il s’envole avec Domini dans les bras. Pendant ce temps Rachel Van Helsing et Quincy Harker prennent contact avec Frank Drake, dernier membre de la lignée humaine des Dracula.

Tomb of Dracula : Sovereign of the Damned est l’unique adaptation (on laisse de côté Blade) sur écran du Tomb of Dracula de (notamment) Marv Wolfman et Gene Colan. Le film sort en 1980, un an après que le comics d’origine se soit achevé (il a débuté en 1976). La trame, signée Tadaaki Yamazaki, est de fait une version fortement expurgée et simplifiée du comics d’origine, qui se consacre pour grande partie sur la sous-intrigue centrée autour de Dracula, sa femme Domini et leur fils Janus. Les créateurs ne négligent pas les opposants emblématiques du vampire, en la personne du trio Drake – Harker – Van Helsing. On est donc toujours dans la (lointaine) continuité du roman de Stoker, même si le scénariste insiste sur un Dracula déchiré entre sa condition de vampire et son amour pour l’humaine Domini, puis pur son fils Janus.

Le long-métrage est l’œuvre de deux réalisateurs. En premier lieu Minoru Okazaki, qui a travaillé sur des licences comme La Rose de Versailles, Dr Slump ou encore Dragon Ball, Dragon Ball Z et Dragon Ball GT. Ensuite, Akinori Nagaoka, qui s’est fait connaître sur les Chroniques des Guerres de Lodoss. La musique est de Seiji Yokoyama, un des compositeurs phare de l’animation japonaise : St Seiya, Albator, etc. Le film résulte d’un partenariat entre Toei Animation et Marvel, qui aura donné deux productions : ce film et The Monster of Frankenstein. Dracula : Sovereign of the damned est diffusé dès 1980 au Japon, et n’arrivera que 3 ans plus tard aux États-Unis. Techniquement, le film souffre d’un manque de moyen évident, avec réutilisation de certaines scènes plusieurs fois dans le film. De même, le travail sur les voix est très caricatural. On peut également être surpris des différences graphiques avec le comics. Si Quincy Harker ressemble à son avatar de papier, c’est beaucoup moins vrai pour Dracula (qui n’a plus rien à voir avec Jack Palance) ou encore pour Frank Drake.

Malgré le resserrement de l’intrigue d’origine, le film témoigne d’une fidélité relative au matériau de base. Le lien avec le personnage historique est néanmoins très présent : on voit passer un tableau représentant Vlad Tepes et son passé de bras armé et leader Roumain est également mis en scène. Pour le reste, Dracula montre d’emblée qu’il peut se transformer en chauve-souris. Il ne se déplace qu’à la tombée de la nuit et a besoin de sang pour survivre, qu’il préfère prélever à la gorge de jeunes femmes. Le personnage ne semble pas, à l’instar de Lilith (une autre vampire qui apparaît dans le récit) s’embarrasser à séduire ses victimes : il est dépeint comme un prédateur. Jusqu’à ce qu’il se trouve incapable de mordre Domini. L’intrigue montrera qu’il craint notamment les crucifix, les balles en argent, et qu’un pieu enfoncé en plein cœur peut le détruire. Il y a une grosse différence d’un point de vue de sa genèse, enfin. Dans le comics, il devient seigneur des vampires après que son prédécesseur, Varnae, lui ait transmis cette charge. Ici, il est transformé en vampire par Lucifer.

Avec une intrigue qui simplifie énormément la trame de départ, une animation limitée et des doublages peu convaincants, ce Dracula : Sovereign of the Damned peine à convaincre. Pour les complétistes de Tomb of Dracula, difficile néanmoins de passer à côté. Je sauve surtout la partition de Seiji Yokohama, qui souligne parfaitement les temps forts de l’histoire.

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