Bekmanbetov, Timur. Abraham Lincoln, chasseur de vampires. 2012

Alors qu’il n’est encore qu’un enfant, Abraham Lincoln assiste au meurtre de sa mère, mordue par un vampire désireux de faire un exemple de son implacable autorité. Devenu adulte, et alors qu’il tente de se venger de celui qui a détruit son enfance, il manque e se faire tuer, dépassé par les pouvoirs de la créature qu’est sa Némésis. C’est alors qu’il rencontre Henry Sturges, un personnage très a fait des forces et faiblesses des créatures de la nuit qui va faire de lui un implacable chasseur de vampires.

On peut dire que je l’attendais depuis un moment ce film, après la très bonne impression qu’avait laissé sur moi le roman éponyme. Reste que je craignais malgré tout le passage sur grand écran, Seth Graham-Smith ayant entre temps scénarisé la bien pâlichonne adaptation de Dark Shadows de Tim Burton (qui produit au passage le présent film). Certes Bekmanbetov m’avait bien accroché avec son Night Watch, mais je n’avais pas entendu que du bien des films du réalisateur depuis. C’est donc avec un mélange d’impatience et de doute que j’ai débuté ma séance de cinéma.

Si pas mal de choses que j’avais apprécié dans le roman (notamment la présence d’un romancier bien connu) ont disparu dans sa transposition à l’écran, le film se présente au final comme un sympathique B Movie, même s’il n’est pas exempt de défauts. A commencer (mais est-ce une surprise) par la 3D (je n’ai pas vraiment eu le choix pour le voir en VO), qui n’apporte strictement rien de notable, et est même parfois assez mal intégrée (le traveling d’intro sur l’Obelisque du Capitole est franchement raté, la scène de course-poursuite au milieu des chevaux, brouillon au possible).

Le film se concentre donc sur l’obsession de vengeance d’Abe, qui va se transformer en véritable croisade lorsqu’il découvrira qui sont réellement ceux qui ont tué sa mère, et à quel point leur main-mise est forte sur la politique américaine. Sous l’impulsion de son mentor, qui va faire de lui un implacable justicier à la hache, Lincoln va nettoyer un à un la ville où il a élu domicile des buveurs de sang qui s’y sont intégrés, au vu et au sus de tous. Mais le futur président découvre bientôt, à la faveur du sauvetage d’un de ses amis, enlevé par le chef des vampires, que le combat est démesuré, et que s’il veut mettre un terme aux ambitions des buveurs de sang, la bataille doit se passer sur un champ plus large : celui de la politique.

A la différence du matériau de base, le film est davantage axé sur l’action. Les scènes de combat montrant Abe, la hache à la main, aux prises avec des vampires constituent en effet le coeur du film. Dommage d’avoir supprimé certains passages forts du récit initial (notamment en ce qui concerne les relations entre Abe et les personnages secondaires, un peu trop simplifiées, de même que son histoire personnelle et les interactions entre fiction et réalité à ce niveau, plus sommaires), mais l’esthétisme et la dynamique de certaines scènes comblent en partie ce manque (même si Bekmanbetov a tendance à abuser des ralentis).

Les vampires de cette uchronie ont peu à peu investi le territoire américain, jusqu’à se constituer un état dans l’état dans le sud des Etats-Unis. Avec à leur tête Adam, le plus ancien d’entre eux, ils sont les têtes pensantes de l’esclavagisme. Quoi de mieux que des plantations regorgeant d’esclaves pliés à la volonté de leur maître pour assurer leurs besoins de sang ? Ils craignent l’argent, mais la décapitation permet également d’en venir à bout de manière sûre. Très rapides et résistants, ils ont la capacité de se dématérialiser durant quelques instants. Ils peuvent par ailleurs supporter la lumière du soleil. A noter que le plus ancien d’entre eux, leur « père », ne peut être tué que par un être humain, et pas par un autre vampire.

Un B-Movie sympathique mais qui est quand même nettement moins riche que le roman d’origine, qui se trouve ici amputé de plusieurs moments forts, pour se concentrer sur des scènes de combat au demeurant assez réussies. Si j’ai par ailleurs eu un peu de mal avec l’acteur qui campe Abraham Lincoln durant les premières scènes du film, cette impression s’améliorer au fur et à mesure de l’histoire. Reste qu’on ne s’ennuie pas, pour peut qu’on prenne ce film pour ce qu’il est réellement : un bon gros popcorn movie, sans prétentions. Du coup, je vais devoir ajouter une hache aux décorations vampiriques de ma bibliothèque.

Bekmanbetov, Timur. Abraham Lincoln, chasseur de vampires. 2012Bekmanbetov, Timur. Abraham Lincoln, chasseur de vampires. 2012Bekmanbetov, Timur. Abraham Lincoln, chasseur de vampires. 2012

2 réponses à Bekmanbetov, Timur. Abraham Lincoln, chasseur de vampires. 2012

  1. MAD dit :

    Oui, toute la phase d’accès à la présidence est éludée ; bien sûr tout le monde est censé savoir qui était Lincoln, mais de le voir d’un seul coup à la maison blanche, ça dérange quand même, on a l’impression qu’un morceau a été coupé :p
    Ce qui est embêtant quand on a lu le livre avant c’est qu’on est obligé de recollé des morceaux : « Tiens, il ne dénigre pas son père, tiens Speed est déjà là, oh et puis y’a pas eu Poe » ; et le final bien sûr, totalement différent.
    Grahame-Smith s’est peut-être amusé en ne refaisant pas la même chose que dans le roman, c’est ce que je me dis : à support différent, actions différentes…

  2. Flow dit :

    Un film à regarder le cerveau éteint, certes, mais tout de même assez mauvais. Même pour une série B…

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