Que sont exactement les vampires : des âmes tourmentées, condamnées à errer sur terre même après leur mort, ou une race à part, qui se nourrit des êtres humains comme s’ils étaient du bétail ? Depuis l’épidémie de vampire du XVIIIe siècle européen aux tueurs aux pratiques vampiriques, ce court essai a pour vocation d’explorer la tradition vampirique, depuis ses premiers pas en tant que fait folklorique jusqu’à l’avènement de la créature de fiction telle que nous la connaissons aujourd’hui.
Publié en 1997, ce Strange but true ; vampires, blood suckers from beyond the grave est une toutologie sans prétention de Rowan Wilson, un auteur habitué des livres documentaires sur des thématiques paranormales (et a priori fils du romancier Colin Wilson). L’ouvrage fait partie d’une collection où l’on trouve pêlemêle des opus sur les disparitions inexpliquées ou les fantômes. Le même nom apparaît sur la couverture, cette fois-ci accompagné de Colin Wilson et de Damon Wilson (un autre fils de l’auteur).
Le livre aborde successivement les dimensions folkloriques, historiques (Dracula et Bathory), culturelles (littéraire et cinématographique) et psychologiques (les tueurs en série) rattachées à la figure du vampire. On est cependant loin d’un livre comme le Sang pour Sang de Jean Marigny. Le livre est timidement illustré en noir et blanc (de mauvaise qualité) et ne source aucune de ses assertions. C’est dommage, sachant que la recension de l’histoire de la comtesse Bathory est très complète. Mais, sans références, difficile de dire si l’auteur affabule ou si son récit repose sur des documents concrets. Petite surprise, cependant, de retrouver mentionné le nom de Jean Marigny, ainsi que les aléas de la traduction du Vampyre de John Polidori dans notre langue.
Le mélange d’occultisme, de faits d’hiver et d’art amoindrit l’intérêt global du livre, qui hésite entre dimension culturelle, rationnelle et surnaturelle. La lecture n’est pas désagréable, mais le spécialiste risque fort de ne pas avoir grand-chose à se mettre sous la dent. L’approche occulte — et la dimension spirite du vampire — prend ainsi beaucoup de place, alors que le parcours littéraire et cinématographique de la créature est fait de façon plus sommaire. Aucune mention de Je suis une légende, Entretien avec un vampire n’est cité que pour avoir été adapté par Neil Jordan, etc.
Un livre touche à tout qui montre qu’en 1997, l’intérêt pour le vampire dépasse le seul cadre artistique. La dimension occulte de la créature donne matière à des ouvrages qui mélangent sans vergogne toutes les acceptions du vampire, sans forcément chercher à théoriser. L’absence totale de sources et références pénalise enfin ceux qui aimeraient creuser certains faits évoqués.


