Ross, Jonathan – Edwards Tommy Lee. Turf, tome 1

A New York, dans les années 20. Alors que la prohibition bat son plein, les gangs règnent en maître, noyautant les milieux politiques et policiers. Mais une autre guerre, plus sanglante et dévastatrice, se profile à l’horizon : une bande de vampires venue d’Europe est décidée à étendre son empire jusqu’au Nouveau Monde… Dans cette guerre de territoire sans pitié, une jeune journaliste et l’un des pontes de la mafia vont devoir s’allier pour tenter de sauver la race humaine.

Les dernières sorties comics vampiriques sur le territoire français sont un peu en dent de scie ces derniers mois. On oscille en effet entre le très bon (American Vampire), et le franchement raté (A crocs et à sang, True Blood, l’arc Curse of the mutant des X-Men).

Sans pour autant être à ranger du côté de chef d’oeuvre, Turf est davantage à ranger dans le rayon des bonnes surprises. D’un pitch un peu abracadabrantesque (gangsters, vampires et aliens), le scénariste fait quelque chose de cohérent et d’assez prenant, sans jamais tomber dans le kitsch ou le déjà vu. J’avais eu l’impression d’être face à un album assez bavard en le feuilletant de prime abord, mais cet a priori c’est vite estompé, car l’ambiance est bien là, et l’action est assez dynamique pour ne pas être noyé dans le texte.

Le lecteur se retrouve donc en pleine prohibition, alors que les familles mafieuses ne cessent de comploter pour voir leur partie du gâteau grossir. C’est sans compter l’entrée en scène d’une famille venue d’Europe de l’Est qui ne semble s’intéresser qu’au sang. L’ambiance d’époque est bien rendu, le côté polar années 30 est crédible. La partie fantastique n’est pas en reste, et s’articule bien à l’ensemble. Reste que je suis ceci dit un peu dubitatif quant à l’arrivée des aliens au milieu de tout ça, mais j’attends le second volet pour statuer à ce niveau.

Le dessin est également une bonne surprise. Sans grosse fioriture, il est dynamique et assez acéré au niveau du trait. Les couleurs sombres ne gâchent rien à l’ensemble et tendent à appuyer un peu plus l’ambiance film de gangster, et l’impression d’être face à une BD rétro.

Turf propose une variation classique du thème du vampire, avec des créatures émigrées d’Europe de l’Est qui ont besoin de sang pour survivre.  Ils sont structurés en clan, le chef décidant de la ligne à suivre. Mais tous ne sont pas d’accord concernant la manière de traiter les humains. A noter que les vampires disposent ici de grandes capacités de régénération (grâce au sang), d’une force surhumaine et de la capacité de voler.

Un premier opus pour le moins accrocheur, autant au niveau de son ambiance que de son scénario ou de ses dessins. J’attends la suite pour confirmer certains aspects (notamment la part SF, assez mince pour le moment), mais c’est prometteur !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *