Paul, Stuart – Fernandez, Christian Duce. Ides of Blood

En 44 avant Jésus-Christ, Jules César est revenu victorieux de Dacie, réduisant les vampires en esclavage. Valens, un vampire élevé au statut de leader de la garde prétorienne, est néanmoins devenu l’un des favoris de l’empereur. Mais des notables de la ville sont bientôt assassinés, meurtres rapidement revendiqués par le mystérieux Tueur au baiser de Pluton. Valens est alors mandaté par César pour lever le masque qui dissimule l’identité du tueur.

Ides of Blood est une série comics publiée chez Wildstorm Comics, dont les publications ont été depuis récupérées par DC. La série, qui avait fait parler d’elle à l’époque de sa parution, en 2010, n’a malheureusement pas connu d’édition intégrale, d’où la difficulté pour mettre la main sur l’ensemble des 6 opus signés Stuart Paul et Christian Duce Fernandez.

Une fois n’est pas coutume, la mini-série se déroule à Rome durant le règne de Jules César, ce qui change fortement des récits victoriens ou contemporains auxquels on est habitué quand il s’agit de vampires. Le scénariste semble avoir fait des recherches assez approfondies, qui lui permettent d’utiliser l’ensemble des personnages de l’Histoire pour recomposer cette dernière à la sauce vampirique. On croise ainsi la route de Jules César, mais aussi celle de Burebista (chef de file de la lutte contre les romains en Dacie), de Brutus, de Marc-Antoine, de Scipion, d’Octavia… l’histoire étant le prétexte à revisiter l’assassinat de Jules César, et les circonstances et impacts de ce dernier. Le récit est relativement bien travaillée, les intrigues multiples, et le contexte initial assez efficacement détaillé (la réduction des vampires en esclavage suite à la campagne de Dacie).

Graphiquement, je suis davantage mitigé. Le dessin n’est pas mauvais, mais le trait manque cruellement d’homogénéité. Niveau cadrage, si le dessinateur s’essaie parfois à quelques innovations, on reste face à quelque chose de très standard. Le bémol vient surtout de la colorisation, où les jaunes et oranges sont écrasés par un noir beaucoup trop présent. Tout n’est pas à jeter, loin de là, mais l’essentiel du récit se lit plus pour son récit que par appétence pour le dessin.

Côté vampire, on apprend que Dracul est le père des vampires de Dacie. Là-bas, on compte plusieurs lignées de buveur de sang, chacun avec des habilités communes, mais aussi des spécificités (chaque lignée peut se transformer en un animal donné, certaines familles ont des pouvoirs d’hypnose développés, etc.). Les vampires sont présentés comme des buveurs de sang immortels qui ne supportent pas la lumière du soleil ou l’argent. On découvrira également qu’il existe un moyen de les tuer en leur retirant l’essence même de leur âme de vampire. Enfin, être vampire n’empêche pas de tomber malade, et certains maux sont spécifiques aux vampires.

En bref, Ides of Blood est une série à l’intrigue qui devrait contenter les amateurs de récits originaux sur la figure du vampire. Mais elle ne laissera pas une empreinte très forte du point de vue visuel.

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