Collectif. Vampirella. Anthologie, volume 1

Vampirella et ses congénères vivent sur la lointaine planète Drakulon, baignée par la lumière de deux soleils jumeaux. Mais le liquide rouge qui coule dans les rivières de la planète, et dont la composition est identique au sang humain, commence à se tarir. Au même moment, un équipage d’astronautes venus de la Terre s’écrase sur Drakulon. Vampirella découvre que le sang de ces créatures humanoïdes est le même que le liquide carmin dont elle a besoin pour survivre. Elle est alors envoyée par les siens sur Terre.

Vampirella est un des vampires les plus connus du comics américain. Issu des idées conjointes de James Warren, directeur de Warren Publishing, de Forrest J. Ackerman et de Frank Frazetta, l’histoire de la sculpturale vampire extra-terrestre se poursuit encore de nos jours, sous la houlette de nouveaux scénaristes et dessinateurs. Cette anthologie publiée par les éditions Delirium propose de revenir aux sources de la publication originale. Car en plus d’être une héroïne phare, Vampirella est également le nom du magazine dans lequel la vampire en bikini rouge a fait ses premières armes, publication qui proposait en sus des histoires d’horreur à l’image de celles proposées peu d’années auparavant par les titres Creepy et Eerie (chez le même éditeur), voire par EC Comics au travers de titres comme les Contes de la crypte.

Ce qui m’intéresse avant tout dans cette anthologie, c’est bien évidemment le personnage de Vampirella et ses débuts dans le 9e art. Et force est de constater que le côté tragi-comique des premiers numéros est très éloigné de la tournure prise par la suite par la série. Si on est d’emblée projeté dans l’histoire de cette vampire extra-terrestre qui arrive sur Terre,  les premiers récits sont assez lourds, et le dessin (de Tom Sutton) manque cruellement d’homogénéité (même si le personnage possède déjà le physique et la tenue qu’on lui connaît encore aujourd’hui). On apprécie donc particulièrement le passage de José Gonzales aux crayons, alors que le scénariste Archie Godwin arrive également sur le projet, et approfondit l’univers dans lequel évolue Vampirella. On y rencontre assez rapidement le Culte du Chaos, des adorateurs de dieux antédiluviens qui cherchent à revenir sur Terre. À côté de cet apport assez personnel, on croise la route des descendants de la famille Van Helsing, Conrad et son fils Adam, ainsi que celle d’un célèbre comte roumain.

Côté dessin, les choses s’améliorent donc au 12e numéro de la revue, au moment ou Sutton passe le relai à José Gonzales, un inconnu au style plus européen que typé comics, qui donne une envergure incroyable au personnage. Ses noirs et blancs sont certes plus chargés que ceux de Sutton mais autrement plus homogènes et dynamiques. C’est davantage lui qui affinera les traits, la plastique et le costume de la vampire venue de Drakulon. Tant que le titre sera aux mains de Warren Publishing, James Warren poursuivra dans cette lignée, proposant le titre à d’autres dessinateurs espagnols qui assurèrent une forte homogénéité de style. Quant aux couvertures, on y verra se succéder des artistes aussi renommés que Frazetta, Vallejo, Jones, Hughes, Sanjuliàn…

Vampirella est donc une buveuse de sang venue d’une planète nommée Drakulon. Alors que sa planète se meurt, les siens découvrent que les Terriens possèdent dans leurs veines le sang dont ils on besoin pour se nourrir. Vampirella est donc envoyée sur Terre pour préparer la venue de ceux de sa race. Même s’il ne s’agit pas d’une vampire au sens strict, elle partage la quasi totalité des caractéristiques de ces derniers. Elle peut ainsi se transformer en chauve-souris, est dotée d’une force physique hors du commun, de la capacité d’hypnotisme. Rapidement, elle découvre l’existence d’un sérum à même de lui éviter de se nourrir de sang. On découvre également les vertus curatives de son sang quand elle décide d’en faire bénéficier Adam.

Un recueil particulièrement plaisant, qui permet autant de remonter aux premières aventures de Vampirella que de découvrir de nombreux récits publiés dans le magazine éponyme. En espérant que ce premier volet soit suivi par de nombreux autres, qui nous permettront de retracer le passé de l’héroïne. Le tout précédé par une introduction érudite à souhait de David A. Roach, illustrateur et scénariste de comics qui a travaillé plusieurs fois sur l’histoire du personnage. Il revient ici sur la genèse du magazine et de son personnage central de manière particulièrement détaillée.

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