Kassarian, Philippe. Interview avec un collectionneur et bibliophile mordu

Bonjour Philippe, Pouvez-vous vous présenter pour les internautes de Vampirisme.com ?

poe-nouvelles-histoires-extraordinaires-1857-73805-0 Kassarian, Philippe. Interview avec un collectionneur et bibliophile morduBonjour à toutes et tous. Je suis libraire en livres anciens depuis 2014. J’ai commencé cette activité à 54 ans, tardivement donc. Avant cela, j’enseignais les mathématiques en lycée, en banlieue parisienne. J’avais besoin d’un dérivatif à mon travail et, dès que je le pouvais, je me plongeais dans la bibliophilie. Au début, vers les années 1990, j’achetais surtout du fantastique (aux éditions Marabout par exemple) et des romans policiers ; plus jeune, j’avais beaucoup lu la fameuse Série Noire. Un jour, j’ai vu un exemplaire de l’édition originale des  Nouvelles Histoires extraordinaires de Poe, traduite par Baudelaire en 1857, à un prix équivalent à celui d’un policier. J’ai alors réalisé que je pouvais élargir mes achats de livres de littérature fantastique aux éditions anciennes (il fallait vraiment un déclic de ce type). Internet n’existait pas et il m’a fallu beaucoup de temps pour connaître et, surtout, me procurer les catalogues de vente de référence pour le fantastique : en premier lieu, ceux très importants des librairies Loliée (1952) et Oberlé (1972) sur les romans noirs, le merveilleux, les contes etc. C’était indispensable pour obtenir des informations, savoir tout simplement quels livres anciens existent. Je les regardais tous les jours, ils me fascinaient.

J’ai cherché où l’on pouvait acheter de tels livres et j’ai fini par découvrir après plusieurs mois un libraire qui montrait un véritable goût pour le fantastique, et, surtout, qui se débrouillait toujours pour avoir des livres vraiment très rares (Pierre Saunier, que je fréquente toujours). Cela me prouvait que certains objectifs étaient raisonnablement envisageables. En fait, au début, j’achetais de tout, en particulier les auteurs connus du XIXe siècle sans aucun lien avec mes domaines. Je considérais chaque ouvrage, quel que soit son prix, comme une précieuse parcelle de patrimoine. Plus tard, je me suis restreint davantage aux thèmes que l’on trouve sur mon site : les vampires (littérature et histoire), le fantastique, puis les sources de ce genre (la sorcellerie, les « canards » [un équivalent très ancien de la presse à sensation], les histoires dites « tragiques », « prodigieuses » [voyez les introductions sur mon site], la littérature faustienne…), Sade. Evidemment, au premier abord, Sade n’a rien à voir avec le fantastique la sorcellerie ou les vampires, mais, de mon point de vue, il existe un point commun fondamental : les grands débordements de l’imaginaire. Et c’est là bien plus qu’une simple formule : pour moi, les délires hallucinés du marquis ont quelque chose de comparable à ceux des juges qui faisaient mettre à la torture des femmes accusées de commercer avec le diable, ou encore avec la terreur irrépressible des paysans serbes du XVIIIe siècle, persuadés que leurs morts sortaient du tombeau pour les attaquer. D’ailleurs, on peut remarquer que Montague Summers, auteur d’essais importants sur les vampires, s’était intéressé en son temps aux mêmes thèmes. Il a en effet écrit également sur le roman gothique du XVIIIe siècle, la sorcellerie, les loups-garous et Sade.

Votre site https://livres-rares-imaginaires.com/témoigne d’un intérêt majeur pour la figure du vampire, au point que vous avez au fil du temps constitué une importante collection de textes anciens sur le sujet. Comment en êtes-vous venu à vous intéresser à cette créature ?

1972-dracula-ad-1972-gibson-1 Kassarian, Philippe. Interview avec un collectionneur et bibliophile morduJe me suis toujours intéressé au fantastique, avec une prédilection pour les vampires. De même que les maths qui me passionnaient, le fantastique permet de se tenir à l’écart du réel et j’y trouvais sans doute mon compte. J’allais voir au cinéma les Dracula de la Hammer avec Christopher Lee (par exemple, Dracula 73 en 1973, quand j’avais 13 ans). Dans mon souvenir, ces films avaient vraiment quelque chose de plus que les autres (sauf peut-être Carrie qui m’avait impressionné, que j’avais pu voir grâce à une fausse carte d’étudiant qui me donnait 18 ans… Je n’avais pas pu voir L’Exorciste, j’avais 14 ans). J’ai toujours gardé en mémoire la scène où Jonathan Harker est expulsé de la calèche qui le mène vers le château de Dracula. Le cocher, en plein déni, lui crie : « Il n’y a pas de château ! » Alors, le vampire arrive et l’emmène… J’ai regardé hier quelques extraits de ces films sur internet et c’était encore mieux que dans mon souvenir : les décors, le château, l’expression des visages…

vadim-histoire-de-vampires Kassarian, Philippe. Interview avec un collectionneur et bibliophile morduJe lisais aussi tout ce que je trouvais sur le sujet. Je m’intéressais un petit peu à l’histoire des vampires, grâce à l’anthologie d’Ornella Volta, présentée par Roger Vadim. Mais c’était encore lointain pour moi, abstrait.

Une petite anecdote : vers la trentaine, j’ai rencontré à un repas où j’étais invité une actrice qui avait joué dans un de ces Dracula de la Hammer – je ne sais plus lequel. Elle avait un rôle important, elle finissait d’ailleurs avec un pieu dans le cœur. C’était un pur hasard, personne ne savait que je m’intéressais au sujet. Mais, cette femme n’avait de toute évidence aucune envie de parler du film. Elle semblait avoir honte d’y avoir joué et j’ai même cru déceler un mépris de sa part pour ce type de cinéma. C’était incompréhensible et donc, je ne comprenais pas… J’ai insisté jusqu’à ce que quelqu’un finisse par détourner la conversation. Ce n’est pas un bon souvenir.

La bibliographie que vous proposez sur votre site est une des plus complètes qui soit en langue française : https://livres-rares-imaginaires.com/vampirisme-bibliographie-2/ Elle montre un travail de fourni pour reconstituer l’histoire des publications sur le sujet. Comment avez-vous procédé ? Pensez-vous que d’autres découvertes restent à faire ? Car certains des titres que vous listez ne sont jamais mentionnés dans les bibliographies habituelles, comme Les Morlaques de Giustiniana Wynne.

Cela fait une trentaine d’années que je cherche à savoir ce qui existe sur les vampires en littérature imprimée en langue française (traductions incluses, poésie également). Pour ma bibliographie, je ne me limite pas aux histoires consacrées à ce thème, je prends aussi en compte celles où il joue « seulement » un rôle, mais à condition que ce rôle soit significatif (ce qui est régulièrement source de dilemmes). Mon but est de retracer au mieux l’émergence et les premiers développements de la littérature vampirique en France, sa prise en compte par les auteurs, voire par la société. Au début (avant internet), je cherchais les informations dans les essais, dans certaines préfaces de livres, dans les catalogues de librairies anciennes (qui, cependant, en contiennent très peu). C’est dans le catalogue Loliée que j’ai découvert l’existence de Gemmalie (1825), court roman apparenté au sujet. Quant aux Morlaques, que vous évoquez, important au regard de sa date très précoce, c’est le libraire Gérard Oberlé qui m’en avait parlé. J’ai mis des années avant de pouvoir consulter le texte. Au début, je croyais qu’il s’était trompé car il m’avait dit ne pas l’avoir lu ; il se fiait à ce que lui avait dit la personne qui lui avait vendu un exemplaire. Plus tard, il a écrit un article sur ce livre dans un journal.

Morlaques-titre-scaled-e1710280903616 Kassarian, Philippe. Interview avec un collectionneur et bibliophile mordu

Avec internet, les recherches sont devenues beaucoup plus faciles. J’ai trouvé des titres grâce à Google, qui m’a orienté vers des blogs comportant des informations (laporteouverte.me de Norbert Gaulard, notamment). En fait, il y a deux types de textes, ceux qui sont numérisés en accès libre, que l’on peut éventuellement trouver seul s’ils contiennent le mot vampire, et les autres. Pour les autres, il est nécessaire que quelqu’un en parle quelque part, ce qui me permet de lancer des recherches, ou bien me donne directement l’information (comme Norbert Gaulard, qui m’a très gentiment fourni plusieurs titres auxquels je n’aurais probablement jamais eu accès). Cela dit, je me suis débrouillé seul pour une majorité des entrées de la bibliographie. Lorsque j’ai préparé le dossier pour Le Rocambole, que vous évoquez plus loin, j’ai passé plusieurs heures par jour pendant des mois et des mois à chercher partout : dans Google, Google Livres, Rétronews [presse numérisée] et Gallica, et dans des sites moins connus tels que BelgicaPress, BelgicaPériodiques ou encore, dans le cas de la Suisse, e-newspaperarchives.ch, etc. Le travail est toutefois fortement facilité par le fait que l’utilisation du mot clé « vampire » déjà évoquée plus haut est très efficace. Mais s’il est vrai que beaucoup d’histoires sur le thème comportent à un moment ou un autre ce mot, il n’en demeure pas moins que celui-ci est également utilisé très fréquemment dans un contexte qui n’est absolument pas celui de la littérature vampirique, notamment dans un sens métaphorique (par exemple à propos de personnes peu recommandables, cupides… d’assassins…) Ainsi, rien que sur Rétronews, « vampire » génère 50000 résultats, pour la période 1820-1950. Il faut donc consacrer beaucoup de temps à trier.

Concernant les découvertes qui restent à faire, oui, j’ai tendance à supposer qu’il y en a « beaucoup ». Un an après la parution du numéro du Rocambole, j’ai repris ma liste et l’ai augmentée d’une quarantaine de titres, ce qui est énorme. Il faut savoir qu’une même recherche peut donner des résultats différents d’un jour à l’autre (c’est de l’informatique, j’avoue que je ne connais pas) : les recherches constituent donc un travail sans fin. En outre, de nouvelles pages sont régulièrement numérisées et mises en ligne. Pas plus tard qu’aujourd’hui, après avoir lu une de vos interviews sur vampirisme.com, et appris que le poète romantique roumain Eminescu avait écrit un poème abordant le thème, j’ai cherché pendant 5 ou 6 heures, et fini par trouver que le poème en question a été traduit avant 1950 (je n’ai pas encore la date exacte, je sais seulement qu’on le trouve dans une réédition de 1938 d’un recueil, car heureusement, un marchand a eu la bonne idée de photographier la table des matières de son exemplaire, mais je n’ai pas la certitude qu’il figurait dans les premières éditions). Il va en tout cas y avoir une nouvelle entrée dans ma bibliographie, grâce à vous. Eventuellement deux, car Eminescu est aussi l’auteur d’un autre poème traduit lui aussi avant 1950 et qui, peut-être, mérite également d’être retenu – mais il faut que je regarde de plus près. Merci, donc !

eminescu-strigoi-visuel Kassarian, Philippe. Interview avec un collectionneur et bibliophile mordu

Vous l’aurez compris, je vis en permanence là-dedans, je suis vampirisé…

Je dois enfin souligner que je ne m’attendais absolument pas à découvrir autant de textes quand je me suis lancé dans le dossier du Rocambole. J’en connaissais déjà un grand nombre que l’on ne voit pas cités dans les bibliographies mais j’étais loin de penser que j’allais en trouver autant de nouveaux. Sans exagérer, je peux dire que j’étais stupéfait. Et, comme je l’ai déjà dit, la liste s’est bien allongée depuis la publication du dossier. Peut-être les auteurs français se sont-ils plus intéressés au sujet que les Britanniques ? La question se pose. On peut aussi noter que très peu de textes en prose anglais furent traduits en français au XIXe siècle.

Votre site présente dans le même temps les notices des ouvrages présents dans votre collection : https://livres-rares-imaginaires.com/vampirisme-les-livres-de-1851-a-1899/. Combien de temps ont été nécessaires pour constituer cette collection ? Comment avez-vous procédé, et continue-t-elle encore aujourd’hui se s’étendre ?

librairie-ancienne-liri Kassarian, Philippe. Interview avec un collectionneur et bibliophile mordu

Je prévois de mettre en vente sur mon site toute ma collection, mais beaucoup de livres n’apparaissent pas encore : en particulier, la partie littéraire des vampires qui est actuellement en ligne est loin de tout représenter (sans compter les doubles, il y aura à terme environ 160 livres). Seule, la section consacrée au vampire historique est complète : https://livres-rares-imaginaires.com/vampirisme-les-livres/  Le reste viendra plus tard, petit à petit, notamment certaines choses extrêmement rares, dont quelques unes sont plus ou moins inconnues. Cela fait plus de 25 ans que j’ai commencé cette collection. Je cherche en fait partout, je ne peux pas dire mieux. Sur les sites de vente (Ebay, Drouot, Interencheres, Rakuten etc.), dans les catalogues de libraires, dans quelques librairies (très très peu en fait), les salons du livre, les sites où les libraires professionnels commercialisent leurs ouvrages (vialibri), directement dans Google aussi car cela peut s’avérer efficace. J’ai mis des alertes électroniques partout où c’est possible (pour ceux qui ne seraient pas familiers de cet outil, ces alertes permettent d’être informé par email de la mise en ligne des livres que l’on cherche). A une époque, Ebay n’en permettait que 100 par compte, alors j’ai ouvert une quinzaine de comptes avec quinze adresses emails différentes… J’en ai ouvert 5 sur Leboncoin en demandant à mes proches de me permettre d’utiliser leur numéro de téléphone (chaque compte nécessite un numéro. Impossible de faire autrement…) J’ai probablement créé près de 10000 alertes depuis le début (mais pas toutes pour les vampires). C’est quelque chose que j’aime faire, en réalité. L’aspect technique me plaît ; la façon de procéder, si on ne veut pas être inondé d’emails, dépend des caractéristiques du site  (par exemple, sur Ebay, on peut ou pas chercher dans la description et cela change tout). Ces alertes et une vigilance de tous les instants, se sont révélées à la fois très efficaces et nécessaires.

mercure-de-france-mai-1732 Kassarian, Philippe. Interview avec un collectionneur et bibliophile morduEn effet, la rareté de certains titres impose que l’on cherche avec ténacité : par exemple, il m’a fallu une quinzaine d’années pour trouver la première traduction française du Vampyre de Polidori (1819). Idem pour le numéro de mai 1732 du Mercure de France, où un article est consacré au sujet. Et, comme je l’ai indiqué plus haut, je n’ai jamais pu mettre la main sur plusieurs titres allemands (je n’en ai même jamais vu aucune trace dans les archives des ventes passées). Il ne faut pas oublier que la survivance des exemplaires est extrêmement variable d’un titre à l’autre, à tel point que certaines éditions sont considérées perdues (sauf bien sûr à ce qu’un exemplaire sorte un jour, mais on ne peut le prévoir). Ainsi, il semble qu’aucun exemplaire de Der Vampyr (1801), de Theodor Ferdinand Kajetan Arnold, ne soit connu. Compte tenu des autres productions de l’auteur, ce roman pourrait être consacré au thème (je veux dire que par exemple,  le mot « vampyr » n’est pas utilisé a priori dans un sens métaphorique). Ce pourrait donc être le premier. De même pour la première traduction anglaise du livre de Faust, paru en Allemagne en 1587. Et on pourrait multiplier les exemples.

La collection continue de s’étendre, notamment grâce aux découvertes bibliographiques (quand j’apprends l’existence d’un livre, je le cherche), mais maintenant, je n’achète plus que pour revendre. Cela étant, ne plus posséder physiquement les livres n’est absolument pas un problème. Je suis complètement détaché de ce besoin de collectionneur. En revanche, il est indispensable pour moi qu’ils restent sur le site une fois vendus (en enlevant le prix). Je pourrais très bien refuser de vendre un livre si l’acheteur voulait m’imposer son retrait. En fait, un besoin a été remplacé par un autre, équivalent, et, d’une certaine façon, rien n’a changé. C’est simplement une autre vision de la collection.

En 2023, vous participer au numéro 103-104 de la revue Le Rocambole : « Retour sur les vampires ». C’est semble-t-il votre première incursion éditoriale directe. Vous y avez notamment officié en tant que directeur d’ouvrage (aux côtés de Daniel Compère), et y proposez des articles basés sur ceux publiés sur votre site. Qu’est-ce qui vous a amené à participer à ce projet ?

rocambole-vampires-mai-2023 Kassarian, Philippe. Interview avec un collectionneur et bibliophile morduJ’ai rencontré il y a plusieurs années Jean-Pierre Galvan, spécialiste d’Eugène Sue et surtout, pour moi, de Féval (auteur comme on le sait de romans sur les vampires). Jean-Pierre est très proche de l’Association des Amis du Roman Populaire qui publie Le Rocambole. Etant au courant de ma passion pour le sujet et de mes acquis d’ordre bibliographique dont je n’arrêtais sans doute pas de parler, il a pensé qu’il serait intéressant de consacrer un dossier au sujet, dans la mesure où il y avait vraiment du nouveau à proposer. Il m’a mis en contact avec Daniel Compère. J’étais très content que l’on me permette d’intégrer aussi au dossier un long article portant cette fois sur l’histoire des vampires (que l’on retrouve dans une version augmentée ici : https://livres-rares-imaginaires.com/introduction-vampirisme/) Pour moi, cet article était le pendant de la bibliographie, il était essentiel qu’il figure.

En fait, le site a été créé un an après ce dossier. J’y ai repris tout ce que j’avais proposé pour celui-ci et j’ai complété avec mes nouvelles connaissances.

J’ai également découvert que cette première participation avait été suivie d’un addendum dans le numéro suivant de la revue, sous le titre : « Nouvelle moisson de vampires ». De quoi s’agit-il ?

La Nouvelle moisson est tout simplement une liste de nouveaux titres trouvés après la publication de la bibliographie. Un second ajout, plus important, a été encore fait par la suite, dans le numéro 111/112 (« Antiquités imaginaires », Automne-Hiver 2025). Mais j’ai encore trouvé d’autres titres depuis.

Quels sont vos prochains projets autour de la figure du vampire ?

Il n’y en a pas de nouveaux à vrai dire… Je continue dans la même voie : j’essaie de compléter encore la bibliographie, c’est vraiment très important pour moi. De même pour l’information en général : par exemple, j’ai fait un assez important ajout à l’introduction sur les vampires, il y a quelques mois, en discutant de la période post 1950, exclue du champ de la bibliographie. Je suis content parce que cette introduction est désormais plus complète. Je n’ai plus le sentiment désagréable d’avoir laissé quelque chose de côté. Je m’étais arrêté à 1950 car avec l’après guerre, commence une nouvelle ère, le monde de l’édition me semble changer complètement ; je l’explique dans l’avant-propos de la bibliographie. Mais, il importait de donner quand-même des informations détaillées sur le traitement du thème du vampire après 1950.

D’autre part, dans un même ordre d’idée, je passe énormément de temps à rédiger mes notices, cela indépendamment de la valeur marchande de l’ouvrage.

En revanche, au niveau des recherches de livres de vampires à acheter, j’ai l’impression d’être arrivé au bout (je le dis sincèrement tout en ayant conscience que cela pourra paraître prétentieux). Plus précisément, je ne sais pas ce que je pourrais espérer de plus pour la partie littéraire. Je crois que j’ai fini par trouver tout ce que je cherchais vraiment (même si ce n’est pas encore visible en ligne). Bien entendu, on peut toujours faire mieux, dénicher par exemple un exemplaire ayant appartenu à telle ou telle personne, ou comportant je ne sais quelle dédicace, ou bien encore un manuscrit, mais en réalité, je ne ressens plus du tout de besoin de ce type. Je veux dire par là que ce que j’ai eu me suffit. Pour la partie historique, c’est très différent, j’ai renoncé depuis longtemps à remplir complètement mes objectifs initiaux. Certains livres allemands que j’aurais vraiment beaucoup aimé avoir se sont révélés absolument introuvables et j’ai fini par passer à autre chose : ce que j’ai obtenu me suffit là encore, même si des titres en quantité vraiment non négligeable me font défaut (ce n’est pas le cas uniquement pour les vampires, j’ai aussi renoncé entre autres et depuis longtemps à une rareté du XVIe siècle sur la lycanthropie).

Désormais, ce n’est plus ma collection que je m’efforce d’améliorer, c’est mon site (mais je cherche quand-même encore des pièces importantes ou intéressantes dans d’autres domaines que les vampires, essentiellement le fantastique et Faust pour lesquels je ne suis pas entièrement satisfait de ce que j’ai ; et cette quête de quelques pièces importantes me fait toujours autant vibrer).

Je tiens enfin à souligner que s’il est évidemment indéniable qu’une démarche de ce type répond en partie au besoin de montrer ce que l’on est fier d’avoir construit, il n’en demeure pas moins que, pour ma part, je suis également motivé par l’envie ou plutôt le besoin de rendre ce que l’on m’a donné. Je pense ici à toutes les informations mises à disposition gratuitement (ou quasiment gratuitement, parfois, si l’on considère que la mine d’informations contenue dans un essai vaut largement plus que le prix demandé par l’éditeur). Bref, ayant beaucoup bénéficié du travail de passionnés, je donne à mon tour en considérant que c’est dans l’ordre des choses. Et tant pis si le fait de livrer des renseignements a pour conséquence que des livres m’échappent, qu’ils aillent à d’autres.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *