Gardey, Frédéric. Interview avec Hollenfurt

Gardey, Frédéric. Interview avec HollenfurtAdrien Party : Pouvez-vous nous rappeler ce qu’a été votre carrière jusqu’en 1996 (qui correspond à la sortie en cassette de Blood for Dinner) ? Si on regarde votre discographie, le premier opus (cassette auto-produite) semblait déjà proposer des titres très influencés par les vampires (« The Story of Life and Death », « À Bat Taste ») ?

Gardey, Frédéric. Interview avec HollenfurtFrédéric Gardey : Bonjour, oui notre premier opus date de 1993, sorti aussi en cassette en petite série plus un seul exemplaire CD tiré du Master, le CD est en ma possession. Cet album du nom de Sabbath party est composé de 11 titres sur le thème de la sorcellerie, dont le titre « The story of life and death ». Jamais ressorti cet album de nous satisfaisait pas à 100 %, les arrangements notamment. Et puis nous avons aussi collaboré sur différentes compilations des variations ludiques qui avaient eu le génie de faire appel à des groupes pour faire des musiques à thèmes, pour créer des ambiances pour les joueurs de jeux de plateau.

A.P. : En 1996, vous sortez donc Blood for Dinner. Pouvez-vous nous en expliquer la genèse ? Qu’est-ce qui explique qu’autant de temps se soit écoulé entre la cassette auto-produite et la version CD, chez Paragoric ?

F.G. : La raison principale de l’étirement dans le temps de la vie d’Hollenfurt provient du fait que le groupe était composé d’Aslane, chanteuse et responsable des paroles et moi même à la composition. Étant passionnés par nos emplois respectifs, nous n’avons jamais voulu réduire nos activités. Donc le travail musical fut essentiellement organisé et produit le weekend, les soirs et durant certaines vacances. La naissance de nos morceaux est plus ou moins la même : je compose des morceaux et Aslane écrit les textes après nous décidons du thème à suivre.  J’ai toujours désiré composer pour l’image, les films, alors j’ai toujours composé en ayant un film en tête.

A.P. : Votre album est clairement dans la lignée des productions gothiques de l’époque : des nappes à la limite de l’industriel, une guitare utilisée avec parcimonie, une batterie sèche. Quelle influence cette scène a-t-elle eue sur votre musique et sur la manière d’aborder la figure du vampire ?

F. G. : La musique gothique surtout celle des années 1980 avec laquelle nous avons grandi, est gavée de références romantiques noires, The Cure par exemple dont nous sommes très fan depuis l’adolescence. Après, le thème du vampirisme en est un permis les autres : le fantastique, les mondes oubliés ou imaginaires, le féérique, les refoulés par une société dite normale, voilà des thèmes chers à Hollenfurt. Mais je dois dire que nos influences proviennent surtout de nos lectures

A.P. : « Amel », « The Child Vampire », une large partie des morceaux semblent s’inspirer du cycle des Chroniques des Vampires d’Anne Rice. Pourquoi ce choix pour ce deuxième album, alors que les titres du premier ne semblaient pas s’ancrer dans une influence précise ? On a l’impression que malgré son influence sur le mouvement gothique, les livres de la romancière sont peu référencés dans les textes de la scène musicale ?

F. G. : Et bien c’est très simple, lorsque la France à découvert Howard Allen O’Brien dite « Anne Rice » ce fut une véritable claque, vraiment, une saga à la Druon avec Les Rois maudits. Surtout, elle a ajouté ce côté moderne qui collait parfaitement avec l’electro. Nous aurions pu être le groupe « Satan sort en ville » bien que dans ses romans c’est plutôt de la musique rock,  ahah.

Gardey, Frédéric. Interview avec Hollenfurt

A.P. : Vous est-il possible de nous présenter les différents titres de l’album ?

F.G. : C’est difficile : je compose dans mon monde, Aslane écrit ses textes dans son coin, nous nous rejoignons et faisons notre mixture, il n’y a pas de calcul.

A.P. : Qu’est-ce que la figure du vampire évoque pour vous ? De votre point de vue, comment votre album s’ancre ou se détache de l’approche qu’à habituellement la scène musicale gothique et industrielle du sujet ? Je pense autant aux emblèmes du genre, comme le « Bela Lugosi’s Dead » de Bauhaus qu’à des groupes plus contemporains de Blood for Dinner, comme Paralysed age ?

F. G. : Si tu écoutes « Bloodsucker » de Paralysed age tu comprendras que Billy Idol faisait déjà ça en 1984, donc rien à voir. Tu n’imagines pas le nombre de morceaux que j’ai mis dans la poubelle de mon Mac parce que cela ressemblait trop à quelque chose et là-dessus aucun compromis : fan c’est beau, copié c’est pas bien !

A.P. : Le livret de Blood for Dinner est avare en informations sur le groupe (pas de photos, pas de textes pour les morceaux), de même qu’Internet en général. À part sur Discogs et les chroniques de Blood for Dinner, on ne trouve pas d’informations sur le groupe et sa production. Est-ce volontaire de votre part ou symptomatique de la difficulté, pour un groupe français, de se faire connaître dans ce giron musical ?

F. G. : Aaaah oui ! La croisée des chemins technologiques ! à l’époque c’était mon facile et nous voulions un site qui tue, mais nous n’avions pas les connaissances pour ça.

A.P. : Votre page Facebook, créée en 2016, annonce que le groupe a cessé ses activités en 2007. Pour autant, des morceaux ont été publiés sur la page et votre SoundClound il y a trois ans. Qu’en est-il réellement ? Vos derniers morceaux, des reprises de « À la Claire Fontaine » et « Frères Jacques » semblent bien éloignées des sujets abordés dans vos premiers opus. Vous avez tourné la page du vampire ?

F. G. : Hollenfurt puis son petit frère Hollen avec lequel nous avons créé pas mal de titres sont nos derniers opus, notre séparation en tant que couple à mis fin à cette aventure. Et oui, ce groupe est né d’une histoire d’amour ! Cependant nous avons travaillé bien plus de thèmes que le vampirisme, heureusement !

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