Rollin, Jean. Lèvres de sang. 1975

Après avoir vu un château sur un poster, un jeune homme reste troublé. Il est persuadé d’avoir déjà vu ce château, et ce pendant son enfance. Il se lance donc à la recherche de l’énigmatique bâtisse, aidé dans sa recherche par une mystérieuse femme vêtue de blanc, et comprend qu’un grand secret familial sur l’existence du vampirisme pesait sur sa famille.

Jean Rollin, grand spécialiste du cinéma de genre français, offre à nouveau avec ce film son inénarrable mélange d’esthétisme et d’érotisme. On retrouve ainsi les décors dieppois si cher au réalisateur, ainsi que certains de ses acteurs fétiches (Jean-Loup Philippe jouant le rôle de Frédéric), pour un film au rythme lent dans lequel le contemplatif prend le pas sur l’actif. Par l’entremise de secrets de familles que l’héritier va tenter de mettre au jour, s’opposant à la volonté de sa mère, lé héros va ainsi se frotter à une histoire de vampire qui se rattache à sa perte des souvenirs d’enfance.

Les vampires de ce film n’ont pas réellement de caractéristiques sortant de l’ordinaire. On est ainsi en présence de buveurs de sang noctambules qui ne peuvent être tué qu’après qu’un pieu leur ait été planté en plein cœur. Le pieu n’étant pas suffisant, il doit être suivi de la décapitation de la tête et de la crémation des restes. Par ailleurs, les vampires de ce film arrivent à se mouvoir à l’extérieur tant que les premiers rayons du soleil ne sont pas encore apparus.

Au final, Rollin propose ici un film qui porte sans hésitation possible, autour d’un récit au rythme lent qui mêle érotisme, fantastique et un sens appuyé de l’esthétisme, tant chaque objet, chaque décor et chaque costume contribue à l’atmosphère évanescente et onirique du film. Le scénario pas forcément très cohérent, le manque d’action et la lenteur du scénario risquent cependant fort d’en démotiver plus d’un, le style de Jean Rollin amenant parfois son film aux portes du nanard.

Rollin, Jean. Lèvres de sang. 1975Rollin, Jean. Lèvres de sang. 1975Rollin, Jean. Lèvres de sang. 1975

4 réponses à Rollin, Jean. Lèvres de sang. 1975

  1. GolemXIII dit :

    Suite du comments laisser sur "la fiancée de Dracula" de Rollin

    Le jeu limité des acteurs chez Rollin n’est-il pas une application des principes de Bresson, grand cinéaste français( "Les Dames Du Bois de Boulogne" qui malgré son titre n’est pas un porno ; P ). celui-ci employais des acteurs non-pro et ne voulais pas d’un "jeu convaicant" car, pour lui, le cinéma n’as pas vocation à être mimétique du réel … mais bon faut avouer que je prefère un Rollin à un Bresson par trop ennuyeux…

  2. Lucy Westenra dit :

    Il est vrai que malgré la lenteur ou le peu de conviction des acteurs dans leurs répliques, les films de Rollin se laissent regarder du début jusqu’à la fin.

    Dans Lèvres de Sang, l’intérêt qu’on peut y trouver réside encore une fois dans la beauté de l’image, de la mer, des costumes (plutôt limités il faut le dire :p) et le suspense – s’il en est – de cet homme irrésistiblement attiré par cette belle femme vampire au passé si triste.

    Bref, comme toujours, à voir pour les amateurs de film de vampires, et pour les autres, à voir par curiosité…;-)

  3. Christian Bazundama dit :

    Je signale a tous ceux que la curiosité ou des nuits blanches ont amenés a voir ce film, qu’il est avant tout un film pornographique et que cette version érotique est largement délestée de toutes les scènes " hard", d’où cette impression navet signalée dans la fiche – l’ablation du coté porno réduisant en effet, quelque peu, le sens de la trame de l’histoire qui lui est lié. En fait, la version X (titrée " Suce moi Vampire") ré-découverte, l’aspect lent et contemplatif se comprend mieux et restitue un peu une atmosphère d’époque que l’on retrouve d’ailleurs dans le célèbre et fantastique porno " Pussy Talk (Le Sexe qui parle)" dans lequel Jean-Loup Philippe tient également un des rôles principaux. A retenir, pour ceux qui le partagent avec un congolais comme moi, l’attrait du type naturel et sculptural des femmes – rondes a souhait – qui a, hélas, été par la suite opiniâtrement discriminé puis rayé du cinéma occidental, tous genres confondus; puisque finalement l’aspect naturel dénué de sophistication des protagonistes féminins ajoute au réalisme envoutant du drame des vampires.

  4. senhal dit :

    D’autres films de Jean Rollin auraient-ils subi le même traitement pour obtenir une version plus large public ? Cela éclaircirait en effet un certain nombre de points.

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