Shelley, Mary. On Ghosts

On Ghosts est un court essai publié en 1824, dans les pages du London Magazine, par Mary Shelley. Le texte a été redécouvert dans les années 1990, après avoir été intégré dans The Mary Shelley Reader, une compilation de nouvelles, d’articles et de missives de l’autrice de Frankenstein (lequel ouvre d’ailleurs cette anthologie).

On Ghosts débute par un constat que fait la femme de lettres : ses contemporains ne croient plus en l’existence du surnaturel et des fantômes. Ce que Mary Shelley paraît montrer, c’est aussi le pouvoir de l’imagination. Car à confronter les heures les plus noires de la nuit et la lecture de récits qui convoquent l’au-delà, c’est bien la suggestion, la propension qu’à notre esprit d’expliquer par le truchement de l’étrange — le weird — que semble évoquer la romancière.

Elle avoue cependant ne jamais avoir elle-même fait face à un fantôme, mais n’en rattache pas moins leur présence à la manifestation du deuil, et à notre méconnaissance de ce qu’il y a après la mort. Lorsqu’elle raconte les sensations que lui procure sa déambulation dans une demeure où elle a autrefois côtoyé un ami aujourd’hui décédé, difficile de ne pas penser à Percy Bysshe Shelley, disparu deux ans auparavant. Pour justifier son propos, elle convoque ensuite deux anecdotes qui lui ont été rapportées par des personnes au-delà de tout soupçon. Le premier récit en appelle au thème de la visite régulière d’un défunt, qui cesse quand un changement survient dans la disposition des lieux. Il y a aussi — bien plus représentatif — l’esprit d’un suicidé, qui renoue avec l’idée que les morts violentes prédisposent à ce genre de retour. L’autrice termine en reprenant un texte de Matthew Gregory Lewis. En réalité, elle a déjà fait une allusion au créateur du Moine dans son essai, la Nonne Sanglante qu’elle cite plus haut étant tirée d’un passage du fameux ouvrage. Lewis est également rattaché, d’une certaine façon, à la genèse de Frankenstein : l’écrivain a été un des visiteurs tardifs de la villa Diodati, durant l’été 1816 où le roman a été commencé.

On Ghosts est un texte court, mais qui explicite l’intérêt de l’autrice pour le surnaturel, et la dimension poétique de celui-ci. Elle adossé à cela une certaine idée du deuil, laquelle transcende l’intégralité de son œuvre.

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