Stall, Sam. Sarkany, Roland. L'héritier de Dracula

En 1897, est publié pour la première fois Dracula, le roman de Bram Stoker. Pour une raison inconnue, l’éditeur décida la veille de l’impression de retirer tout le premier chapitre qui ne réapparaît qu’aujourd’hui et qui constitue le cœur d’une énigme interactive. «L’Héritier de Dracula» se déroule dix ans après les évènements narrés dans le roman originel. Jonathan et Mina Harker forment alors un couple heureux mais au même moment, le docteur John Seward est sur la piste d’une série de meurtres qui lui rappelle le mode opératoire d’un vampire.

Lorsque le docteur Seward fait part de ses doutes à Abraham Van Helsing, tous les soupçons quant au possible successeur de Dracula se tournent vers Jonathan. En effet, ce dernier n’aurait-il pas été infecté sans le savoir lors de son séjour chez le comte transylvanien ? Et si le gentilhomme anglais dissimulait sa nature vampirique aux yeux de tous ? À moins qu’une autre créature en quête de vengeance ne soit derrière toute cette sombre machination…

Se présentant sous l’étiquette d’enquête interactive, L’Héritier de Dracula prend l’apparence d’un ouvrage au format italien qui dissimule entre ses pages nombre de documents en fac-similés. Le lecteur se verra ainsi immergé au cœur de l’histoire grâce aux fausses lettres écrites de la main des protagonistes, aux journaux d’époques recelant des indices, aux photographies qui lui sont proposés au fil de l’aventure… Autre curiosité, on trouve même une version remaniée de la nouvelle « L’invité de Dracula » en guise de fameux chapitre inédit, arborant pour l’occasion les couleurs de la première édition jaune et rouge du Dracula de Bram Stoker.

Le déroulement de l’intrigue n’est pas bien compliqué à suivre. John Seward et Van Helsing évoquent dès les premières pages l’existence probable d’un « demi-sang » créé par Dracula avant sa destruction, qui posséderait des pouvoirs similaires à ceux de son maître sans avoir à subir les désagréments habituelles qu’impose une nature vampirique. La mystérieuse créature qui avance à visage couvert peut donc prendre l’apparence d’un énorme loup, est dotée d’une force hors du commun mais ne craint ni le soleil ni les artefacts religieux.

Le style narratif se veut simple, facile à parcourir et accessible au plus grand nombre pour peu que le lecteur soit déjà familier avec les grandes lignes du roman originel sur lequel est basé le récit. L’atmosphère qui se dégage ne retranscrit évidemment pas toute la force de l’œuvre de Stoker, même si les personnages bien connus du roman répondent à l’appel. Le plaisir consiste à suspecter ces derniers, chacun pouvant être le fameux vampire traqué. Les plus perspicaces n’auront par ailleurs sans doute pas grand mal à mettre à jour les ficelles de l’énigme qui au final, n’est pas des plus retors.

Hormis l’inévitable comparaison avec le livre dont il se revendique la séquelle qui n’est pas à son avantage, L’Héritier de Dracula se révèle néanmoins agréable, ancré dans un univers cher aux amateurs de vampirisme. De superbes gravures pleines pages en noir et blanc illustrent les temps fort de l’investigation de Seward, ce qui convainc une fois de plus de la très bonne finition du bouquin.

Si le texte principal se révèle amusant mais pas vraiment inoubliable, l’ouvrage prend donc son intérêt réel grâce à son concept enthousiasmant ainsi qu’aux sympathiques documents qui parsèment l’ouvrage, lui donnant des allures de pochette surprise. On peut également saluer l’initiative de l’éditeur d’avoir scellé le dénouement final de l’histoire ainsi que les explications détaillées de l’aventure. Malgré une relative simplicité, cette intrigue vampirique à son charme bien que sa teneur se destine avant tout aux inconditionnels du chef-d’oeuvre de Stoker ainsi qu’aux collectionneurs de curiosités bibliophiles. Un bien bel objet quoi qu’il en soit.

5 réponses à Stall, Sam. Sarkany, Roland. L'héritier de Dracula

  1. Carrie dit :

    Ce livre me tente énormément ! J’aurais juste une question : est-ce que les fac-similés de documents à l’intérieur sont écrits en français ?
    Merci pour ce bel article !

  2. Asmodée dit :

    Merci pour le commentaire !
    Oui, les documents fac-similés sont tous intégralement traduit en français : lettres, notes, photographies, même le journal de 4 pages…

  3. Carrie dit :

    Merci beaucoup pour ta réponse !

  4. Celtica dit :

    Bien qu’étudiante et sans le sous, je me suis offert ce livre. Il est tout simplement magnifique. Un réel effort de présentation. Les fac-similés sont de très bonne qualité et nous immergent complètement dans l’intrigue.
    Je suis étudiante en édition et je dois dire que cet ouvrage est le must pour traiter d’énigmes policières. A l’heure de la numérisation, les livres papier deviennent de vrais objets de collection.
    N’hésitez pas à l’acheter : 23E pour un livre d’une telle qualité éditoriale n’est pas si onéreux que cela.
    Moi je vote pour! ^^

  5. SaiFFeR dit :

    (ci-joint ma critique)

    Pour 23 euros disponible à la FNAC vous voila donc avec un joli gros livre avec des belles pages (une centaine, écrites plutôt gros) qui m’ont tenu environ 3 heures de lecture.

    Vous ètes donc face à un "nouveau concept" de livre, vous proposant une énigme tout au long de l’histoire agrémentée de fac-similés servant d’indices (par exemple une lettre écrite à la main, un vieux carnet, une coupure de presse…)

    Il y’en à au nombre de 9 et tous ne sont pas inoubliables selon moi… Mais ils ont le mérite d’exister et on se surprend à dévorer littéralement les articles de presses d’un Londres du 19eme dévoré par les légendes et l’industrie.

    La narration est agréable, et moi meme n’étant pas un fin lecteur (j’ai du lire une dizaine de livre dans ma vie, harry potter, dracula, da vinci code et begbeider…) j’ai trouvé l’histoire agréable et cohérente.

    En effet on suit là les agissements du docteur Seward, déjà connu dans le livre original, on retrouve également des tetes connues comme Jonathan Harker, Mina Harker, ou encore Abraham Van Helsing, l’histoire se passant quelques années après la fin du livre, vous ne serez donc pas dépaysé !

    Les points négatifs qui m’ont gênés…
    Le concept mise énormément sur le coté énigme, or, je n’ai vu AUCUNE énigme dans le livre, aucune question n’est restée sans réponse… Le schéma scenaristique est extrêmement simple et se caractérise de cette façon :

    -faits
    -enquête
    -conclusions
    -retournement de situation
    -dénouement

    Ainsi il n’y a de place pour les petits enquéteurs en herbe que dans les 30 dernières pages, et maximum, on s’étonnera à avoir trouvé qui est vraiment le vampire juste 10 lignes avant la révélation…

    Non, décidément, le coté énigme est mal exploité, et la cerise sur le gateau est atribué à la dernière page du livre, qui fait son originalité étant scellée par un collant. Elle est sensée fournir la réponse ULTIME de l’énigme et elle est… VIDE !

    Nan franchement ça m’a légèrement dégouté, mais bon, bon livre au final 🙂

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