M’Isey. Ad Majorem Dei Gloriam

1917. Alors qu’à l’extérieur de ses murs la guerre fait rage, la ville de Saint-Évangile vit en-dehors du monde, perturbée par un tout autre conflit. L’autorité d’Achille, l’archevêque qui règne sur les lieux, est mise à mal par les griffonistes, un groupuscule de vampires qui refusent toute soumission à l’Église. Car l’histoire de Saint-Évangile a basculée en 1911, quand Claudius la Luette, un vampire, a décidé de se ranger du côté du catholicisme. Depuis, une partie des vampires est restée dans l’ombre, ne souhaitant pas se mettre sous la coupe des religieux, tandis que d’autres, guidés par Griffon, n’ont de cesse de mettre à mal l’autorité.

Cette courte novella (96 pages) publiée aux éditions Lune Ecarlate ne manque pas d’intérêt. Imaginant une dystopie fantastique au sein même de la première guerre mondiale, sans pour autant faire dans l’uchronie, M’Isey tire plutôt bien son épingle du jeu. Le récit, pour le moins sombre, est centré autour d’un petit groupe de vampires qui refuse de faire allégeance à l’Église, tout en préférant rester dans l’ombre. Les exactions de leurs pairs vampires désireux de lutter contre le pouvoir des religieux va pour autant les entrainer dans la tourmente. On découvrira au fil des pages les liens existant entre tout ce petit monde, entre désir de vengeance, jalousie ou ennui lié à l’immortalité.

Alors que jusque-là la première guerre mondiale ne semblait pas un terrain très utilisé par les auteurs sur le thème, voilà un troisième projet qui choisit le conflit comme contexte historique, après Lord Baltimore de Golden et Mignola et le futur jeu vidéo Vampyr (développe par DontNOD). A croire que l’apocalypse que représente ce premier conflit, et la barbarie qu’a engendré cette première guerre moderne est un terreau logique pour les vampires.

Le récit nous met face à des vampires relativement classiques. Ils ne se déplacent que la nuit (la morsure du soleil leur est létale), et peuvent être tués si on leur enfonce une arme en plein cœur ou si on les décapite. Si l’usage des armes à feu peu permettre de les ralentir, leur effet est assez limité. Et enfin, bien évidemment, ils doivent s’abreuver de sang pour survivre. Là ou l’auteur fait évoluer le mythe, c’est en imaginant qu’un vampire puisse être considéré comme un saint après avoir fait son coming out, et s’être rangé du côté de la religion. A noter, enfin, l’existence de rejetons humains aux vampires.

Un court texte mais qui possède une ambiance efficace et tire son épingle du jeu de la production actuelle. Seul bémol, certains éléments d’intrigues peu explicites (dont la fin). Mais le texte vaut assurément le détour pour les amateurs.

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