Mignola, Mike – Johnson-Cadwell, Warwick. Mr Higgins Comes Home

Le professeur Meinhardt et son associé Mr Knox sont arrivés depuis peu en Transylvanie quand, au détour d’un réveil nocturne, le professeur se retrouve face à une créature de la nuit qui fouille dans ses affaires. Il a tôt fait d’éloigner le vampire, mais le duo sait que désormais, on attend leur visite. Dans quelques jours, c’est Walpurgis, et les vampires se réunissent au château Golga, à l’initiative du maître des lieux. Meinhardt et Knox comptent sur l’aide de Mr Higgins, un homme d’un certain âge qui a longtemps été retenu au château.

Si ce n’est pas la première fois que le nom de Mike Mignola est attaché à un projet mettant en scène des vampires (entre le hellboy-verse, l’adaptation du film de Coppola en comics et Lord Baltimore la liste est longue), cet album one-shot est très différent de ce à quoi l’on pouvait s’attendre. Bien plus lumineux que les autres albums de l’auteur, et doté d’une touche d’humour inhabituelle mais fort à propos. Car le scénariste pose lui même ses références en ouverture de l’ouvrage : il faut certes voir dans cet opus un hommage aux films de la Hammer, mais aussi au Bal des vampires de Roman Polanski, déjà lui-même hommage et détournement avec humour du savoir-faire anglais.

L’histoire nous met donc en présence avec deux chasseurs de vampires pleins de bonnes intentions… mais pour autant un peu malchanceux (et pas toujours très adroits). Car leurs adversaires ont des siècles d’expériences, et ne se laissent pas facilement effrayer (voire tuer). Pour autant, même découvert, le duo va aller au bout de son projet initial, et demander l’aide de Mr Higgins, dont la lune de miel a été écourtée il y a bien longtemps par l’intervention du couple Golga. Lesquels ont transformé sa jeune épouse en buveur de sang et torturé le pauvre homme jusqu’à ce que ce dernier ne soit parvenu à s’enfuir. Les personnages sont savoureux, l’histoire simple, mais efficace, et la touche d’humour est aussi légère que bien intégrée à l’histoire.

Côté dessin, c’est donc Warwick Johnson-Cadwell qui tient les crayons de cet album (derrière une couverture de l’incontournable Dave Stewart). Johnson-Cadwell a une patte graphique très éloignée des dessinateurs qu’on croise en général dans les projets de Mignola. Le trait est simple, vif, mais moins torturé que celui de Dave Stewart (par exemple), d’autant que la colorisation est lumineuse. On se croirait presque dans un album de la collection Poisson Pilote (Delcourt). Mais le style est homogène et colle parfaitement à l’ambiance du titre.

Côté vampire, on découvre ici qu’ils se réunissent chaque année depuis des décennies, à l’abri des murs du château Golga, pour honorer leur maître Satan. Il s’agit donc de créatures nocturnes, qui ne se déplacent que la nuit tombée, et dorment la journée dans leurs cercueils. Leur morsure leur permet de se nourrir du sang de leur victime, même si elle a également un effet sur les victimes, qui se transforment à leur tour en créature de la nuit. Le soleil et un pieu enfoncé en plein cœur semblent les moyens les plus sûrs pour en venir à bout, mais une balle en argent ou un crucifix permet a minima de les ralentir. Sans même parler des nombreux clins d’oeil au film de Polanski.

Un album relativement à part dans la production de Mignola. On y retrouve l’attrait du dessinateur/scénariste pour tout un pan du cinéma de genre, mais davantage sur un versant humoristique, personnalisé par Le Bal des vampires, influence évidente (et mentionnée comme telle en introduction) de ce Mr Higgins.

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