Kaminsky, Stuart. Dracula fait maigre

1942. Toby Peters, détective privé des stars d’Hollywood, enquête pour le compte de William Faulkner, accusé du meurtre d’un agent littéraire. Il se met également au service de l’acteur Bela Lugosi (incarnation à l’écran du mythique Dracula) qui a reçu d’inquiétantes lettres de menaces. Ses premières investigations en direction du directeur d’un cinéma spécialisé dans les films d’horreur et de la mystérieuse organisation des « Chevaliers noirs de Transylvanie » ne donnent aucun résultat. Peters découvre alors l’amant de la veuve de l’agent littéraire. Il a été assassiné d’un coup de pieu en pleine poitrine suivant la méthode utilisée pour éliminer les vampires.

Un polar qui joue de manière assez sympathique avec les codes du cinéma de vampire, voilà ce que nous propose cet opus des enquêtes de Toby Peters. En pleine période de disette (guerre oblige) le privé se voit confié deux enquêtes à quelques heures d’intervalles. L’une va le mettre en relation avec Bela Lugosi, premier acteur à avoir endossé le rôle de Dracula à l’écran.

A cette époque, Bela Lugosi est réduit à quelques rôles dans des films de seconde zone. Mais les menaces de mort qu’il reçoit mobilise un de ses amis qui va mettre Toby Peters sur le coup. Lequel Toby Peters va ainsi découvrir que Dracula a fait des émules, et que l’acteur hongrois à de nombreux fans qui aiment se retrouver dans des caves obscures, déguisés en créature de la nuit.

Le polar est plutôt bien ficelé, les deux enquêtes finissant par prendre une tournure inattendue. Le personnage de Toby Peter à certes des côtés un peu loser, mais cela donne du charme à l’ensemble et à la galerie de personnages mis en scène, depuis le nain avec lequel il partage son appartement jusqu’à son frère flic qui ne rate jamais un moment de lui en retourner une. Qui plus est la manière qu’à l’auteur de rappeler le contexte historique en arrière-plan, par l’intermédiaire des flash radio, de la presse papier, etc. comme de certaines scènes auxquelles assiste les personnages, permet de mettre en place une atmosphère intéressante et historiquement fidèle.

Le mythe du vampire n’est pas ici abordé sous ses abords fantastiques, mais de nombreux codes sont utilisés et ont leu importance dans le récit. On est certes en présence de Bela Lugosi, acteur mondialement connu pour son rôle dans le Dracula de Tod Browning. Mais d’autres éléments interviennent dans le récit. Le roman débute dans le sous-sol d’un cinéma, Peters se retrouvant au coeur d’une réunion entre Bela et certaines de ses émules, assis sur des cercueils et engoncés dans leur cape. Le dentiste avec lequel Peters partage son local se voit par ailleurs opérer un homme qui s’est fait poser des canines en hommage à l’acteur hongrois et à son rôle de vampire. On assiste également au meurtre d’un des personnages, le cœur transpercé d’un pieu. Bref si le vampire n’est pas utilisé ici à des fin surnaturelles, ses caractéristiques ont une incidence forte sur l’intrigue.

Un polar sympathique, qui nous propulse dans le Hollywood des années 40 et nous permet de rencontrer (au moins par le récit) le mythique Bela Lugosi.

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