Brussolo, Serge. La Nuit du Bombardier

David, 14 ans, vit une drôle d’expérience. Sa mère célibataire ayant été agressée et violée sous ses yeux dans un parking, elle n’est plus en mesure de s’en occuper. Il est donc envoyé dans un collège avec internat près de la ville côtière de Triviana. Il essaie de se faire des amis sur place, mais c’est difficile, d’autant plus qu’il règne une atmosphère étrange, un parc d’attractions situé à proximité ayant été endeuillée par le crash d’un avion 42 ans plus tôt. Seul hic, on ne sait pas d’où est venu l’aéronef, aucun débris n’ayant été retrouvé à l’époque.

Intrigué par cette histoire, David rencontre un vieux maquettiste, Barney Coom, qui a reconstitué en diorama le drame. Mais bientôt des phénomènes étranges surviennent : les figurines du diorama semblent prendre vie, David est coursé par un chien au pelage métallique, et la ville semble plonger dans la léthargie. La fugue de sa mère serait-elle liée à ces phénomènes ?

Serge Brussolo est un grand nom de l’imaginaire hexagonal. Sa bibliographie est longue comme le bras, il a remporté de nombreux prix mais curieusement il n’est pas considéré comme une « star » des mauvais genres. Touche-à-tout en termes de sujets, il aborde ici le thème du vampirisme, un vampirisme un brin inhabituel : la créature que l’on pourrait y caser semble venir d’un autre monde, et infecter petit à petit Triviana mais aussi d’autres régions. Une infection autant psychique que physique, puisqu’au-delà de prendre possession des esprits de ses victimes (et les singeant, puisque n’ayant pas beaucoup de repères « terrestres » pour les faire se mouvoir, parler, etc.), la créature – qui n’a pas de nom – se développe à l’intérieur de leur corps sous forme de boules de métal, passant ainsi d’une enveloppe à l’autre et grandissant en taille et en puissance. Le processus est terrifiant, et Brussolo possède la puissance évocatrice et l’amplitude de vocabulaire nécessaires à bien nous faire comprendre le processus, quitte parfois à faire quelques redites. On assiste donc, encore plus impuissants que David et ses amis, aux derniers actes de ce vampire particulier. La faconde est facilitée par le fait que David est un garçon à l’imagination délirante, qui a subi un traumatisme l’obligeant à prendre des anti-dépresseurs, ce qui n’arrange pas son état.

C’est un roman mené tambour battant, qui emmène la lectrice et le lecteur aux frontières de l’adolescence (avec ses rites et ses abus) et de la folie. Il y a du Lovecraft et du King là-dedans.

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