Bonjour, Mathieu. Peux-tu te présenter pour les internautes de Vampirisme.com ? Qui est Mathieu Gabella ?
Bonjour, je suis scénariste de bande dessinée, depuis une vingtaine d’années maintenant. J’ai vraiment démarré en 1999-2000. J’ai une formation et un diplôme d’ingénieur, qui ne m’ont jamais servi parce que je n’ai travaillé que dans mes stages ou projets de fin d’études. Et j’ai écrit mon premier script quand je faisais des simulations en Allemagne, ça ne s’invente pas, pour chambres de combustion destinées aux turbines à gaz.
En réalité, je voulais faire des BD, c’était un copain qui m’avait fait tomber dedans. Je faisais également du jeu de rôle à cette époque. Par ce biais, un de mes meilleurs amis s’est mis au dessin, et m’a dit qu’il allait faire de la BD. J’ai eu envie d’en faire aussi, avec lui. C’est ainsi qu’on a fait notre premier album, La Chute. Avant ça, j’ai participé à des collectifs chez Petit à Petit, pour les séries Chansons en Bandes Dessinées et Poèmes en Bandes Dessinées, qui m’ont permis de faire mes premières expériences.

J’ai fait mes premiers livres avec cet éditeur, et on a après ça basculé chez Delcourt, avec un projet qui s’appelait Idole. Ensuite, il y a eu La Licorne, et pas mal d’autres. Actuellement, je travaille essentiellement pour Glénat. Après vingt ans de bande dessinée, j’arrive à un peu plus de quarante albums, ce qui n’est pas énorme pour un scénariste, en réalité. Et puis, à côté de ça, j’ai essayé de proposer des scénarios pour différents supports. Notamment pour l’audiovisuel, même si ça reste compliqué. J’ai aussi voulu écrire pour le jeu vidéo, mais pour ce média je travaille avant tout en tant que relecteur de traduction. J’ai ainsi lu tous les scripts en anglais et en français de la licence Far Cry, et je suis intervenu lors de l’enregistrement des voix. De là, je suis devenu directeur artistique de doublage dans le jeu vidéo. Mais ça fait un bout de temps que je ne l’ai pas fait, j’essaie de me reconcentrer sur l’écriture.
Voilà comment ça a débuté et où j’en suis actuellement.
Le Serment est sorti dans les premiers jours de janvier 2025, aux Éditions Glénat. Peux-tu nous raconter la genèse de ce copieux album de 120 pages ?
L’idée de départ, elle commence à remonter. On est aux alentours de 2010. À cette époque, on veut essayer d’écrire un film avec Mathieu Mariolle. Et j’arrive avec ce pitch, qui est double.

D’un côté, j’ai l’idée de ce médecin. Une figure récurrente des longs-métrages d’action, sur la mafia, le crime organisé, avec ce praticien qui prend en charge à l’arrache les braqueurs, etc. J’avais vu cette idée dans le film Exilé de Johnnie To. En recroisant pour la énième fois ce personnage, dans une scène d’action se déroulant au sein même de son cabinet, je me suis dit que c’était vraiment une figure fascinante. Un médecin qui soigne des criminels, qui est confronté à eux, qui doit gérer ça au quotidien. Pourquoi est-il dans cette situation ? Comment fait-il pour s’en sortir, pour survivre ? À quel point ça ne peut pas devenir un héros ? Ça, c’était la première idée. Et souvent, c’est comme ça. J’ai un certain nombre de projets où j’ai un point de départ, puis j’en ai une autre. Et un jour, ils se connectent.
En revanche, contrairement à ce qu’on pourrait croire, ce n’est pas une BD pro ou antivax ; ce n’est pas une BD post-COVID. Je l’ai écrite avant et on a signé avant l’épidémie, en 2019 de mémoire. Au moment où j’ai transmis le découpage de l’album à Mickaël, tout était prêt, il n’y a dès lors que des changements mineurs sur l’histoire. Donc il ne faut pas forcément chercher une quelconque attaque contre le monde médical. Ce qui m’intéresse, c’est davantage la thématique du pouvoir, que j’aborde ici par le biais des médecins, et c’était déjà le cas dans La Licorne. Là, c’est l’occasion de confronter trois incarnations de la médecine à des choix, des dilemmes. Avec un père docteur, et avec mon cursus, j’ai plutôt tendance à croire à la science officielle. Reste que comme tout le monde je peux avoir la trouille, face à la nouveauté de certains traitements qui arrivent sur le marché. À titre personnel, je m’interroge davantage sur la question de la vocation, des pratiques tarifaires du soin, même si ce n’est pas le thème de la BD.
L’autre idée, c’était que je voulais faire quelque chose sur un chasseur de vampires, qui se transforme et qui doit se soigner. Et puis, les deux se sont connectés. J’ai alors apporté cette double idée initiale à Mathieu Mariolle, avec qui je travaillais donc initialement pour porter cette histoire à l’écran. On a un peu travaillé ensemble sur le projet. Mais la manière dont on bossait ne nous convenait pas : on a donc laissé tomber, et chacun est retourné dans son coin, après nous être mis d’accord sur le volet financier. J’ai continué de mon côté. J’ai proposé le projet à pas mal de boîtes de production, je l’ai réécrit. Il était très compliqué au début. Je sais qu’il est encore sans doute un petit peu chargé maintenant, mais ça fait partie de mes caractéristiques. Je me suis pris beaucoup de murs en le soumettant à des boîtes de prod française. Et puis, j’en ai parlé à mon éditeur, Cédric, avec qui j’ai démarré. Il a insisté pour le lire, et après en avoir eu l’occasion, il a poussé pour qu’on se mette dessus. Je lui ai répondu que je ne voulais pas, que c’était un projet destiné à l’écran. Et puis, je lui ai dit : « OK, mais tu me laisses les droits audiovisuels ». Il a un peu tergiversé, mais on a fini par tomber d’accord.
De là, on a commencé à chercher des dessinateurs. Et puis, un jour, Mickaël Bourgoin, que je connaissais, m’a appelé. C’était un illustrateur que j’admirais beaucoup. Il voulait travailler avec moi. Mais notre projet initial n’avançait pas, c’était long, et lui avait vraiment envie de se remettre à la bande dessinée. Je lui ai alors dit que j’avais une autre histoire de côté, qui traînait depuis un moment. Il a lu ce qui est devenu Le Serment, et il a adoré.
Dans l’album, il y a une approche très médicale de la figure du vampire. Par le métier du protagoniste principal, mais également par la manière dont tu explores la créature. C’est une méthode qu’on retrouvait déjà dans une série comme La licorne, mais aussi dans Le ventre du dragon, parce qu’il y a quand même cette idée de scientifique, de médecin qui se confronte à des mythes. Cette rencontre entre les mythes et la science semble récurrente dans ce que tu fais. C’est un schéma incontournable pour toi ?

Je le dis depuis très longtemps, le triptyque qui me pousse c’est la science, l’histoire et l’imaginaire. Et la science et l’imaginaire sont beaucoup plus compatibles qu’on ne le pense. Il y a un certain nombre de choses auxquelles je ne crois pas. J’ai une formation d’ingénieur, et puis j’ai un père médecin qui ne croit pas à l’homéopathie, par exemple. Pour autant, on a le droit de rêver, on a même le droit d’être ouvert et de se dire de temps en temps, bon, OK, peut-être qu’on se trompe. J’aime beaucoup la science, et il y a quelque chose de merveilleux dans l’aspect scientifique. Mais le fantastique, c’est également un vrai bol d’air. Et comme j’aime les deux et qu’en plus, je me passionne aussi pour l’Histoire, c’est compliqué de ne pas faire l’un sans ajouter les deux autres à un moment. Et c’est un peu ce qui s’est passé avec ce récit de médecin.
Pourquoi j’ai intégré cette idée de chasseur de vampires ? Parce ça n’allait pas m’intéresser de bout en bout si je restais à travailler sur un simple récit de types qui soignent des mafieux. C’est mon truc : je vais avoir envie de trouver des prolongements, des connexions historiques ou de prendre de l’Histoire et d’y coller du fantastique, et d’y insérer une logique. Il peut y avoir une vraie dimension pseudoscientifique dans ce que je fais, voire une dimension scientifique tout court. À côté de ça, actuellement, je travaille pour Albin Michel sur un livre d’histoire des sciences, quelque chose de sérieux et documentaire, pour l’instant. Dans mes fictions, je vais toujours aller vers une certaine rationalité dans l’imaginaire. Ça s’explique, je pense, autant par mes études que par un enjeu dramaturgique. Même en fantastique, j’aime quand il y a une forme de logique.
On ne peut pas tout déconstruire et rationaliser : à un moment, il y a des limites, évidemment. Mais avoir un système, avoir un univers fantastique qui a des règles qui sont quand même à peu près claires, mais qu’on peut, derrière, développer, exploiter, ça a un vrai intérêt.
Parce qu’en fait, quand les règles sont là, il a des enjeux. Il y a un intérêt. Alors, peut-être que ce que je fais ne fonctionne pas dans tous les cas. Mais au moins, je veux avoir ça en tête, des règles qui vont nous permettre de dire là, on sera coincé, on ne pourra pas faire ce qu’on veut. Là, par contre, on va pouvoir s’en sortir. Et puis, essayer de surprendre le lecteur, le public avec ces règles. De dire, voilà telle et telle conséquence auxquelles vous n’aviez pas pensé. Voilà tel autre code cohérent avec ceux établis précédemment, mais auquel vous n’aviez pas réfléchi non plus.
Donc, ce qui m’intéresse, au-dessus de tout ça, ça va être les règles puis les rouages fantastiques derrière cet univers. Ensuite, il s’agit de trouver les meilleurs personnages pour les explorer, et raconter la meilleure histoire possible dans ce cadre. Après, progressivement, on peut modifier légèrement les règles, on peut changer un peu les personnages. Et puis à la fin, il y a un truc cohérent qui se dégage. Mais les règles sont super importantes, parce que c’est ça qui fait aussi la force, l’attrait du récit. Moi, ce qui m’intéresse, c’est le « et si ». Donc, au début, je pars de cette idée de « j’ai un médecin qui soigne des braqueurs et il va soigner un chasseur de vampires ». Finalement, ça peut se résumer à : « et si le vampire était lié au serpent. Quelles conséquences sur le monde des vampires ? C’est quoi, du coup, un vampire ? Et puis, par conséquent, quels sont les meilleurs personnages pour raconter cette histoire ? » Je crois, moi, que ça reste ceux que j’ai inventés, des gens qui vont lutter contre les vampires et des gens qui les étudient.

Ensuite, il y a la figure du scientifique. Le médecin, pour moi, il est à la frontière entre la science et l’humain. Docteur House fait ça très bien. C’est quelqu’un de très rationnel et très froid, mais ses décisions cartésiennes le confrontent aux humains, et au déchirement qui anime ceux-ci. La figure du médecin est particulièrement adaptée pour explorer la science de manière dramaturgique ; c’est quasiment la seule profession scientifique qui permet ça.
Ce lien entre vampire et serpents, comment a-t-il vu le jour ?
Le fait d’avoir travaillé sur les licornes m’a rappelé que les médecins, notamment durant l’Antiquité, s’étaient intéressés au venin des animaux, en premier lieu celui des serpents. Le lien est assez aisé avec les crocs. Il n’y a pas pléthore d’animaux qui ont des crocs et qui injectent quelque chose, cette chose provoquant une réaction. Il y a les araignées aussi, mais là, on en est très loin. J’avais également relaté dans un des tomes du Ventre du Dragon que l’origine du mot dragon vient des yeux : le verbe δέρκομαι (dérkomai) signifie « transpercer du regard ». Il y a donc un lien entre les yeux et le serpent, quelque chose d’hypnotique dans l’animal. Il y a les crocs, on l’a vu, ainsi que l’aspect médical.

Et il y a des choses qui, intuitivement, ou quand on les explique, font sens. L’hypnose, les crocs, la mutation, la mue, le changement, les « capacités de régénération », qu’on observe chez certains reptiles, à les lister, ça fonctionne parfaitement. Et comme c’est quelque chose que je n’ai pas eu l’impression d’avoir lu ou vu des centaines de fois, je me suis dit que c’était une bonne idée. Tout part de l’envie de formuler une réponse à ce à quoi ce médecin va faire face. Trouver cette idée et te dire, ça fonctionne, c’est original, ça nourrit la suite.
Tu as déjà expliqué succinctement comment vous en êtes venu à travailler sur ce projet avec Mickaël Bourgoin. Je trouve qu’il y a aussi, dans ce qu’il a fait, notamment dans Le Codex Angélique, certains parallèles possibles avec une série comme La Licorne, ce mélange entre personnages historiques et imaginaires.
Le Codex Angélique, il faut bien avoir en tête que c’était scénarisé par Thierry Gloris : Mickaël est uniquement le dessinateur. Mine de rien, quand je regarde les bandes dessinées de Gloris, je me dis que oui, on marche un peu sur les mêmes plates-bandes. On aime l’historico-fantastique, ça, c’est certain.
Après, Mickaël, je pense que le fantastique l’intéresse, même s’il n’a pas forcément posé le doigt dessus. Je sais qu’aujourd’hui, il a quand même plus envie de faire des choses ancrées dans le présent, même si c’est du fantastique et même si c’est assez sombre. L’historique, je crois que ça ne l’intéresse plus trop.
Il n’a pas fait beaucoup de bandes dessinées, mais Le Codex Angélique et Blue Note sont des projets très différents, graphiquement parlant. Le Codex Angélique, dans mon souvenir, on est plus proche de la peinture, avec de la couleur ou directe, ou faite par ordinateur, mais très travaillée. Là où, dans Blue Note, il a davantage le trait qu’il a sur Le Serment, avec une couleur qui ressemble à de l’aplat, et qui n’en est pas du tout, en réalité.

Aujourd’hui, il a envie de faire des choses très, très urbaines. Mais en parallèle, il fait des illustrations, par exemple, sur The Witcher, pour Bragelonne. Les pages qu’il a faites à l’intérieur, où on voit les révélations majeures de l’histoire, sont en couleur directe, ce sont des peintures.
Et en fait, pour préciser quand même un peu la rencontre, il m’a appelé parce qu’il me connaissait. Il est très copain avec Anthony Jean, qui a fait La Licorne avec moi. Cette série et Le Codex Angélique sont sortis en même temps.
On s’était croisés à plusieurs reprises au festival, on s’appréciait. Et donc, quand il a voulu refaire de la bande dessinée, il m’a téléphoné. Je pense qu’il a une appétence pour les ambiances sombres et le fantastique. Mais l’historico-fantastique à proprement parler, la démarche scientifique ou les personnages historiques, je pense que là, on n’est plus sûr du hasard.
Comment expliques-tu l’immortalité du vampire en tant que figure culturelle et comment est-ce que tu appréhendes son évolution ?
C’est un peu comme Batman. Rien à voir avec le fait que ce soit des chauves-souris, je précise, je parle du personnage en lui-même. Je pense qu’il y a régulièrement des auteurs qui s’emparent des mythes et les renouvellent de manière innovante. Et du coup, ça relance, ça réactualise. Alors, je ne dis pas que j’en fais partie, mais sur Batman, le personnage reste hyper populaire depuis des décennies. C’est une figure qui a été marquée par de grands auteurs qui l’ont remis au goût du jour, qui ont fait des choses vraiment intéressantes avec lui : Frank Miller, Grant Morrisson, Alan Moore… Pour le vampire, je pense qu’on est sur quelque chose de similaire. C’est une figure qui est très liée à l’humain (le vampire a été un humain), qui corrompt les vivants. Et par-dessus ça, il y a des auteurs qui s’en sont emparés pour faire des choses importantes. Il y a Anne Rice, Guillermo del Toro avec son Blade, avec The Strain, avec Cronos. Quand des auteurs et réalisateurs s’emparent de créatures de manière aussi créative et forte, c’est un peu comme remettre une pièce dans le juke-box. À titre personnel, je connaissais déjà la figure du vampire par le biais du cinéma — pour moi c’est Christopher Lee — mais le premier livre de vampire que j’ai lu et trouvé génial, c’est Entretien avec un vampire. Pour moi c’est fondamental dans ma façon d’aborder le fantastique : si tu n’as rien à amener de neuf, ne le fais pas. J’ai l’exemple du film Super 8 de J.J. Abrams, qui m’a beaucoup marqué parce que je trouve qu’il n’apporte strictement rien à la thématique des extra-terrestres. Pour moi la promesse initiale n’est pas tenue. Un film sur les extra-terrestres qui parle en même temps de deuil, je plébiscite davantage Premier Contact, qui à la fois t’amène quelque chose de neuf sur la créature et aborde intelligemment la question du deuil. Le bon et le mauvais exemple.
Quelles sont tes premières et dernières rencontres avec la figure du vampire ?
Récemment, il y a eu le Nosferatu de Robert Eggers. J’ai aussi essayé de regarder la série Entretien avec un Vampire, mais je n’ai pas accroché, et je me demande si ça vaut le coup d’être vu jusqu’au bout.

C’est clairement une approche différente du matériau d’origine, qui assume davantage la dimension queer. Beaucoup plus que le film de Jordan, en tout cas.
Je me rappelle la sortie du film de Neil Jordan, qui avait été en partie produit par David Geffen, lequel était gay, et avait souligné que l’œuvre était « très homoérotique ». Je me rappelle également d’un plan où Brad Pitt se rapproche dangereusement d’Antonio Banderas. Dans la salle, derrière moi, je me souviens qu’un petit groupe de filles soufflait dans l’attente de ce qui allait peut-être se passer.
À la base, je suis très SF, ce qui explique aussi sans doute mon besoin de scientificiser le fantastique. À le dire, je me demande si l’album ne tient pas d’ailleurs plus de l’anticipation et de la SF, à aborder de manière scientifique une figure du fantastique.
Pour ce qui est de ma première confrontation, il y a quelques images de Christopher Lee. Mais je ne voulais pas les voir, ça me fichait la trouille. Aujourd’hui, je trouve ça ridicule, trop marqué par les années 1970. C’est du moins l’impression que j’en ai, mais les films sont peut-être très bien. Comme pour toute autre œuvre de fiction, je pense notamment qu’ils doivent parler en creux du contexte économique dans lequel ils ont été tournés. Et après ça, la première confrontation qui m’a durablement marquée, c’est Anne Rice. J’ai aussi en tête La marque du vampire avec Bela Lugosi, réalisé par Tod Browning, qui m’avait déjà fait forte impression avec Freaks, un film que j’ai vu très jeune. Avec La marque du vampire, c’est la première fois que je voyais du fantastique qui finalement n’en est pas (spoilers).

J’aime bien les figures archétypales du fantastique, et on verra si on peut continuer avec cet univers-là. Il y a une petite ouverture en ce sens à la fin de l’album, même si c’est aussi une manière de dire « la vie continue ». J’aimerais bien trouver d’autres figures à explorer de cette façon-là.
Sur quoi travailles-tu actuellement ?
Je travaille sur une BD autour de Guillaume le Conquérant, en partenariat avec Guillaume Mautalent. C’est d’ailleurs davantage son projet à lui. Deux fois cent-trente pages avec un dessinateur qui s’appelle Guilherme Grandizolli. Je fais à côté de ça une BD sur l’histoire des sciences, une adaptation des Découvreurs de Daniel Boorstin, qui sera dessinée par Antoine Grimée. Un livre sorti dans les années 1980, que j’ai dans le même temps essayé d’enrichir et de réactualiser. C’est prévu chez Albin Michel. J’ai également un western fantastique en cours avec Anthony Jean. On est sur du long terme, ça avance, mais lentement. J’ai pas mal d’autres projets, des discussions avec différents éditeurs. Et évidemment, continuer avec Mickaël, que ce soit avec Le Serment ou avec autre chose. Là, c’est de la pure discussion. Et bien sûr, l’audiovisuel, toujours dans un coin de ma tête. À ce titre, je me permets de placer que le fantastique, en France, c’est compliqué. Il y a quelques projets ci et là, comme récemment l’adaptation des Sentinelles de Xavier Dorison. Mais il y en a trop peu, et à chaque fois que j’aborde le sujet j’entends des « on ne sait pas faire ça en France » ou « on n’est pas légitime ». Voire « c’est trop risqué, et un diffuseur, ça ne prend pas de risques », surtout quand c’est un diffuseur qui te l’annonce comme ça. Avec Le Serment, l’envie est clairement de continuer, et d’avoir une adaptation, on ne va pas se mentir.

