Moloch – Jean-Jean. Minacula le vampire

Minacula est un cousin de Dracula, vampire comme lui. Il vit dans son château, quelque part en Grande Sylvanie. Le vampire est jaloux de son pair plus célèbre et respecté que lui. Décidé à lui damer le pion, il fait appel à l’agence immobilière Jawsmile, en vue de se porter acquéreur d’une maison délabrée loin de sa terre natale. Le directeur de l’entreprise mandate Yann Harkeur, l’un de ses employés, pour aller faire signer au comte les contrats qui scelleraient son achat. Si l’ouverture du récit lorgne évidemment vers le Dracula de Bram Stoker, la suite prendra une tout autre tournure : car entre Harkeur et Minacula, le plus vicieux n’est pas forcément celui que l’on croit.

Minacula le Vampire est un album publié en 1983 aux éditions Garancière. La structure paraît surtout avoir été active à cette période, éditant notamment une adaptation de Brigade Mondaine (continuité d’une série de trois débutée chez Livre Essor), et des one-shot érotiques tels que Jartyrella. Le nom de Moloch — qui scénarise Minacula — est d’ailleurs attaché à plusieurs de ces sorties. À l’image d’albums comme le Déboires d’outre-tombe de De Beketch et Loro, ce Minacula remonte à une époque où le vampire était avant tout abordé sous l’angle humoristique, dans la BD francophone, en BD comme au cinéma (Les Charlots contre Dracula, sorti en 1980). On est ici face à une BD qui rappelle certaines productions Pilote, même si je trouve l’humour sans réelle surprise ni vraie finesse.

Graphiquement, on est dans un élan similaire avec les illustrations de Jean-Jean. La mise en couleur, les traits à la limite de la caricature des personnages flirtent eux aussi avec l’esprit Pilote. Le résultat est relativement homogène et maîtrisé, même s’il fait son âge.

Minacula est l’un des deux vampires qui évoluent dans l’histoire, l’autre étant sa femme. Bien évidemment, il y a en premier lieu le lien avec Dracula, les auteurs faisant de leur protagoniste central un membre de la même famille, et le récit commençant de façon identique. Sans parler du jeu sur le nom de Harkeur, en décalque de Jonathan Harker. Les faiblesses des vampires seront également de la partie, depuis l’ail, l’eau bénite et les crucifix. La maladresse de Minacula lui vaut enfin d’être affublé d’un dentier, ses dents ayant été détruites suite à une méprise avec une statue.

Un album très classique pour l’époque dans sa façon d’aborder le sujet. Il s’agit là d’un détournement humoristique ou le vampire aura affaire à plus rusé que lui : la diablerie des contrats et de leurs petites lignes. Pas totalement mauvais, mais très daté dans son genre, graphiquement comme au niveau de l’histoire et de l’humour.

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