Powell, Eric – Sniegoski, Tom – Parson, Brett. The Goon. Retour à Lonely Street

Après de longues et étranges aventures loin de leurs pénates, le Goon et Franky retournent à leur point de départ. Alors qu’ils franchissent les portent du bar de Norton, pensant être accueillis comme des sauveurs, ils affrontent les commentaires acerbes des locaux. Car durant leur absence, de nouveaux malfrats ont pris l’ascendant sur les lieux, et tiennent les habitants en étau. Sitôt installés, le Goon et son éternel acolyte vont successivement se frotter à ces antagonistes. Il y a là la goule Baby Galahad, le mafioso vampire Vinnie Nosferatu, Seti la momie… Et derrière cette galerie monstrueuse, peut-être une figure tutélaire, qui agit dans l’ombre.

Je suis le Goon depuis ses débuts en France en 2005, avec Rien que de la misère. L’univers fantastico-absurde imaginé par Eric Powell a rapidement su me séduire, voit me surprendre avec des opus comme Chinatown (2009). La série était arrivée une première fois à son terme en 2016 (pour la VO). Powell est revenu aux affaires à partie de 2019 ce qui en France nous a permis d’avoir Les seigneurs de la misère (2022) auquel cet opus fait suite. Après s’être temporairement alliés avec d’autres pour faire face à une menace surnaturelle, Goon et Franky retournent donc à la petite ville où ils avaient établi leurs pénates. Mais s’ils avaient fait table rase des différentes menaces avant leur départ, d’autres ont pris leur place. Goules, momies et vampires sont ainsi au rendez-vous.

On retrouve ici le trait de Powell, qui insuffle à ses histoires une ambiance horrifique qui tient de Hellboy, de Lovecraft. Le tout mâtiné d’un humour pince-sans-rire et d’une dose d’absurde pas piquée des vers. La mise en couleur est sombre, et colle parfaitement à l’univers et ses circonvolutions. Le trait n’est jamais totalement réaliste : il y a un je ne sais quoi de folie au niveau du dessin des personnages. Lequel s’impose d’autant plus quand des protagonistes horrifiques s’invitent dans les aventures des héros.

Ce opus dévoile ainsi apparaître un nouvel antagoniste : Vinnie Nosferatu. Celui-ci, après avoir passé toute son enfance et adolescence à intégrer la Cosa Nostra (et avoir été moqué par ses membres), se mue une créature de la nuit, mordu par un vieux vampire. Ce dernier voit en lui une créature aussi maléfique que lui. Devenu vampire, il est désormais capable de se transformer en chauve-souris. Si lui sait qu’une large partie des faiblesses attribuées aux vampires n’ont aucune réalité, il n’en va pas de même pour ses séides. On comprendra également que ses créatures reposent dans des cercueils, tapissés de leur terre natale. Franky et Goon désacraliseront à leur matière ces lits pour créature des ténèbres.

Un retour aux affaires extrêmement plaisant pour le Goon et son univers. Les face-à-face sont inventifs et font l’objet de combats hauts en couleur. Reste que tout n’a pas encore été dévoilé, et que le principal antagoniste n’est pas sorti de l’ombre. À voir comment tout ce petit monde se retrouvera pour la suite.

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