Boccia, Luigi – Manzella, Alessandro – Cecchinelli, Giada. On l’appelait Carmilla

Le corps d’une adolescente est retrouvé dans un cimetière de Rome, un pieu enfoncé en plein cœur, et une étrange maxime gravée près du corps « Je suis Carmilla ». L’inspecteur Flavio Argento est mis sur la piste de la jeune Carmilla par un contact de longue date, le père Abrams. Ce dernier avait pris en charge une jeune fille de ce nom, dotée d’une étrange capacité : elle pouvait discerner les cauchemars qui hantent l’esprit de ceux dont elle croise le regard. Carmilla s’est enfui il y a quelques jours de cela de l’institution où elle était internée depuis des années.

On l’appelait Carmilla est un album qui baigne dans une ambiance proche du giallo italien. Le nom de l’inspecteur, Argento, et une scène avec le miroir plongent en effet leur racine dans ce cinéma policier italien né dans les années 1960. Le fantastique et le surnaturel planent au-dessus du récit, distillant le doute par petites touches. L’adolescente est-elle réellement en capacité de voir les angoisses qui animent ceux avec qui elle échange ? Et pourquoi cette obsession à vouloir les tuer un pieu dans le corps, comme si elle pensait que leurs cauchemars faisaient d’eux des vampires ? L’album met dans le même temps son protagoniste principale, l’inspecteur Flavio, face à ses démons, et à l’existence du mal, au cœur de ses questionnements. Car lui-même est régulièrement visité par une forme de cauchemar, lequel prend la forme de sa défunte femme.

Graphiquement, l’approche du dessinateur Alessandro Manzella puise dans la production Vertigo des années 1990, Dave McKean, Bill Sienkiewicz. Le trait et la mise en couleur sont entrelacés, l’auteur travaillant directement en numérique, à partir de photo. Le résultat est extrêmement cinématographique, les teintes sombres appuyant la noirceur du propos.

On l’appelait Carmilla n’est pas directement un album sur la figure du vampire. Pour autant, l’opus joue par la bande avec ce sujet, à commencer par le nom de la protagoniste, Carmilla. Son prénom lui vient bien du roman de Sheridan le Fanu, et son obsession à tuer ceux dont elle croise la route paraît lié à sa compréhension de ce que son ces cauchemars, et ce que sont les vampires.

Un album qui impressionne, autant par son approche graphique très aboutie que par son histoire sombre et vénéneuse, ou plane l’ombre de Carmilla.

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